Vous serez sans doute d’accord pour dire que la liberté est l’essence même de tout travail, c’est pour cette raison que le street artiste d’origine parisienne Combo ou Combo Culture Kidnapper s’est emparé des murs qui l’entouraient sans bien évidemment aucune autorisation préalable.

Il s’agit ici de peindre des sujets dont on ne se sent pas directement concernés mais dont la forme prend tout son sens au fil des différents travaux accomplis jusqu’à en devenir des coups de cœurs. Cela signe une vraie liberté d’expression, pour autant que cela puisse se faire sans directeur de programme, directeur de rédaction ou autre directeur artistique.

L’adrénaline fait partie du job et aussi un peu de son ADN, c’est la base, sans l’illégal ce n’est plus du graffiti. Tous ceux qui pratiquent le légal pour quelques raisons qu’elles soient sont des muralistes, des traîtres à la liberté, dont il fait partie également, nous glisse t-il ironiquement ! 

Cette prise de risque quotidienne est loin de l’angoisse qu’il a pu côtoyée, le paralysant  par le passé à l’idée de vendre du rêve aux gens à longueur de journée, lui même étant loin d’être complètement convaincu par ces vertus.

Il faut dire qu’à force de lire des slogans publicitaires à chaque coin de rue du genre “Vis ta vie, deviens toi même en mieux” il a eu l’irrésistible envie de démontrer que c’était possible de contourner l’objet vendu avec du rêve par la démonstration d’une relecture inédite.

Le jeune homme n’échangerait sa liberté qui est la sienne aujourd’hui pour rien au monde, vu le plaisir qu’il prend dans son travail qui se concentre essentiellement autour du détournement. Bien que le choix de pouvoir s’octroyer le droit de vivre de sa passion ait été pour lui la décision la plus difficile à prendre, nous avoue t-il.

“Mon processus de création dépend des influences qui touche mon imagination. À partir de là, je me pose à mon bureau, 1 litre de café dans le thermos, et je pars pour une journée d’écriture. Je cherche du sens, j’imagine des théories (du complot) si possible, du genre (est-ce que les X-Men ne seraient-il pas une allégorie de l’homosexualité et de la différence) ou imaginer ce que peut vivre en terme d’exclusion une personne différente dans notre société. En fait je cherche à me glisser dans l’esprit de celui qui a créé le dessin animé ou le film que je cible:”

C’est de tout ce brainstorming que naissent ses détournements de visuels connus de tous, dans lesquels il intègre des éléments étrangers, le plus souvent issus de l’univers de la bande dessinée ou du jeu vidéo, dont il en modifie radicalement le sens. 

“Chaque choix ou décision, qu’elle  soit bonne ou mauvaise, nous amène là ou nous sommes. Cela peut être la foi ou dans mon cas, le moment ou j’ai acheté ma première bombe de peinture et ce, juste parce que l’objet me fascinait. Le fait d’avoir été voir “Exit through the gift shop” ou “Faites le mur” en français, le film retraçant la vie du Street Artiste Banksy au cinéma, alors que je venais de décider de tout arrêter en peinture. Ou coller une affiche dans telle rue de Paris qui fait que j’ai rencontré des gens qui me soutiennent et sont devenus  mes amis depuis des années. Ou le simple fait de se prendre une droite par des crétins et de devenir célèbre le temps d une semaine. Il y a tellement de choses. La vie est géniale quand elle est pleinement comme ça. C’est pour cela que je fais ce que je fais.”

Si tu le cherches dans un lieu idéal sur terre pour lui, il sera clairement dans une grande maison avec sa famille et ses amis pas trop loin de lui.

Pour l’anecdote insolite de sa vie de détourneur insolent, il faut revenir à un séjour sur Kiev, au moment où il préparait sa session d’affichage de publicité de compagnie nucléaire sur Tchernobyl. Après une surdose de MacDo, il s’était mis en tête de manger quelque chose de digne, enfin d’un peu plus digeste. À deux pas de son petit Hôtel se trouvait un restaurant assez chic. Le genre d’endroit où tu te sens bien à l’aise quand tu es habillé en teddy bleu, avec ta capuche bleue, sous les regards curieux des hommes en costume accompagnés de leur superbe femme. N’empêche, la personne à l’accueil fait voler gracieusement un cintre vers toi pour prendre ta veste et tu t’assois, sauf que tu n’es pas dans un film. Le serveur dépose une coupette avec un genre de bonbon vichy et tu peux penser que c’est un genre d’apéro avec de la vodka et qu’il y a du bon dans les traditions. Sauf que non, on leur a mis de l’eau chaude en lieu et place de l’alcool, transformant le bonbon vichy en serviette chaude. Oui, il avait bien failli avaler la chose destinée à se rincer les mains avant le repas, il s’en était fallu de peu. La franche rigolage qui a suivi a été épique, en plus du sentiment de ne jamais s’être senti aussi bête et pauvre à la fois.

On lui souhaite donc la même chose qu’il nous souhaite à nous à vous, au monde quoi : “Que vos malheurs disparaissent et que sur vous descende la paix”

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