Le départ précipité du bassiste Captain Will ne bouscule en rien l’état d’esprit et la façon de composer de ses compères, si ce n’est celle de revenir à l’essentiel, là où le groupe de garage rock nyonnais de Broken Bridge fondé en 2017 n’était alors composé que du chanteur et guitariste Don Saltamontes et Redd Knee au chant et batterie.

Balancer la patate à deux, en mode “Triangle des Bermudes” dixit Redd Knee, un peu à la manière du duo britannique punk Slaves, reste la priorité. Se lancer à l’assaut d’un nouveau membre n’est donc pas à l’ordre du jour.

Leur envie de continuer à faire la musique qu’ils aiment reste intacte. Cette musique qui s’est formée dans les années 60 et qui a vu naître dans le même temps une multitude de groupes les plus “Bad Boys” les uns que les autres, n’hésitant pas à faire du rock’n’roll quelque chose de plus sauvage et plus hargneux que l’originel.

N’y voyez pas en cela de la nostalgie, mais plutôt une façon pour Don et Redd de puiser dans les racines de ce garage rock afin de s’en approprier les codes et de pouvoir ainsi le remodeler à leur sauce. “La recette est simple – de la spontanéité, de la transe, sans oublier une touche de sueur”, nous confie Don !

“L’intuition est primordiale dans notre processus créatif si le lieu ou le contexte nous y pousse”. «Room n° 14» a été composé dans une chambre d’hôtel à 5 heures du matin par exemple. “Je ne pense pas qu’il y ait une quelconque explication rationnelle à cela”, souligne Redd Knee. C’est donc le plus souvent lors de jam et non la tête à l’envers, en scrutant le blanc du plafond ou dans la baignoire que les idées de compos et de la musique émergent.

Bien qu’ayant l’air incroyablement calme ce sont deux trublions fort sympathiques déjantés et bourrés d’énergie sachant se saper comme des papes que vous verrez sur scène vous hurler dessus, le tout en poussant la chansonnette de manière insoucieusement juvénile.

Par ailleurs, on pourrait trouver un de ces jours Redd en Ecosse tant il est obnubilé par ses forêts, ses vastes plaines, le parlé so scottish des locaux, d’où son “goût prononcé” pour le film «Trainspotting» du réalisateur Danny Boyle. Rien à voir avec le romantique Don Saltamontes, qui, lui, serait hors de l’espace-temps, juste dans les bras de sa bien-aimée, son haut-lieu de tendre villégiature.

Comme c’est l’heure des choses à se dire, Redd déclare être prêt à devenir son témoin de mariage finalement. C’était inévitable, au vu des demandes continuelles de celui-ci ces derniers temps, il accepte. Dans la foulée, mais hors du contexte, Don avoue certes piteusement qu’il s’est acheté des compilations de NRJ Hits dans sa jeunesse. À savoir maintenant s’il ne les ressortira pas lors de la fête post-cérémonie? tremblez.

Histoire d’agender de flammes un peu ton mois de mars, Broken Bridge prépare sa prochaine première fois sur la “scène incroyable”du Romandie à Lausanne dans le cadre du Prémices Festival. Comme ils disent, il y a souvent des groupes de garage ou de post-punk qu’ils aiment particulièrement voir passer par là aussi: “Donc là, pas de doutes, on prévoit d’enflammer la salle comme jamais ce 23 mars 2019 prochain”.

D’autre part, dans ce qui les a inspiré et fait vibrer dernièrement, Don nous balance le nom du groupe Thee Oh Sees, qui aurait une performance live signée d’une énergie incroyable.

Redd écoute pas mal le groupe Brockhampton en ce moment, en partie pour “leurs compositions vraiment sincères et leur personnalité très forte”. Le gros coup d’éclat pour lui serait la chanson “Queer”, dont le thème parle de la différence et de la répression que l’on peut en ressentir. De la composition pluri-ethnique aux diverses orientations sexuelles du groupe, il y a de quoi amplifier la dimension de la chanson, selon Redd. Bon, il y a aussi des groupes de Noise Rock comme Pissed Jeans, Shellac ou Mclusky dans ses oreillettes ces temps, comme il dit.

Quant à choisir une note sur laquelle démarrer cette journée, Don convoquerait “the Night Before” des Beatles tandis que Redd s’embarquerait probablement sur celle de “This Night” du groupe Destroyer.

C’est pas tout ça, on leur souhaite de beaux dimanches et tout le bonheur du monde (surtout pour Don, qui fait des backs effrontés in the 2000’s).

Le savant mélange rock, sauce punk sixties qui pique n’éteindra pas le brasier de vos papilles en flammes quelque soit l’endroit du monde où la vie est belle plus que partout ailleurs.

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