Sarah Gremaud, assurément, adore regarder danser les gens.

Du coup, elle dessine souvent…

Voilà déjà 4 ans que cette graphiste et illustratrice suisse basée à Bienne œuvre dans un bureau de graphisme, conséquence naturelle et heureuse de sa formation à la sfgb-b Schule für Gestaltung bern und biel, l’école d’Art de la ville.

Et puis, Vulpo Vulpo est né. L’envie de créer pour elle, d’élaborer des choses plus manuelles, de tester des techniques d’impression, tout cela s’est imposé il y a 3 ans: “J’adore mon travail de graphiste, mais le dessin et l’expérimentation me manquaient.”

Au fil des projets de petite envergure, elle s’est embarquée dans ses marchés et ses expositions,  a rencontré pléiade d’illustrateurs et elle en exulte de joie, simplement. Tout en se disant très probablement au quotidien qu’elle a vraiment bien fait son petit bazar.

Là, devant son bureau, Sarah parcourt du regard le mur sur lequel elle a accroché des dessins originaux d’artistes et amis, “que j’adore”. On trouve aussi des plantes bien sûr, des figurines lego et un masque de goupil, posé comme par hasard mais il n’en est rien. En fait, Vulpo veut dire renard en espéranto: ” pour le côté rusé, inventif et créatif”. Et pour le choix de l’espéranto, elle nous confie que c’est une manière de dire que ses illustrations sont un langage universel. Comme un pont artistique accessible à tous.

Un dessin au crayon patiente à sa gauche, attendant son tour pour se faire peaufiner en vue d’une exposition. Les livres, en dominos ou en piles, installent là leurs mots en silence. Demain au plus tard , elle ira se faire une toile de plus, comme souvent, comme elle aime. Les univers parallèles.

Son style est une perpétuelle oscillation entre le noir blanc et la couleur, entre le réel et le fantastique. Les envies du moment et les élans spontanés s’occupent du choix du support, cette touche-à-tout pourra en effet sérigraphier un motif sur du tissu pour aller du côté du dessin sur papier ou tablette par la suite. Pas de préférence de ce côté-là, tant qu’elle y imprime personnages, plantes, masques et costumes. D’ailleurs, comme elle dit, son inspiration vient tout droit des gens qui l’entourent, ces visages , ces physiques et ces styles atypiques qui peuplent les rues et les transports en commun au quotidien sont une pure invitation à libérer sa créativité.

Voilà déjà la deuxième fois que Sarah participe à une L’illustration jam à Vevey organisé par l’association Urban Project ! On peut dire que ces rencontres et discussions avec des artistes d’horizons très différents la motivent à continuer sa route et à partager son travail. Tant mieux pour nous!

Et puis, il y a ces remarques assez récurrentes sur ses dessins, du genre, “Ah tiens, c’est un homme ou un femme là?”

Au début, elle nous confie qu’elle ne savait pas très bien trop quoi répondre mais à présent, elle leur répond juste: ” C’est comme tu veux”. Parce qu’en fait, oui, elle aime assez l’idée que ses personnages soient non genrés et ne soient pas mis dans des cases. Même, ça lui plait carrément bien.

De son côté, si elle avait une question à poser à l’un d’entre eux, couchés sur dessin, elle leur demanderait bien ce qu’ils regardent en dehors de cette feuille. L’intrigue est posée.

Lorsqu’on lui demande de choisir une image qui en dirait long sur elle, le choix se révèle difficile, mais elle tomberait inévitablement sur sa dernière série de dessins de tatoués.

“Le tatouages racontent tous une histoire que chacun interprète différemment, certains sont des contes, d’autres sont des souvenirs intimes et d’autres sont des signes abstraits, des écritures. Mes personnages ont tous quelques chose à raconter avec leur tatouages.”

Pour elle, on l’aura compris, l’univers du tatouage est un terrain de jeu incroyable. En premier temps, elle s’applique à composer son personnage avec son style particulier, et le deuxième temps voit naître le tatouage, partie sur laquelle elle se libère encore plus personnellement, en ajoutant les choses qu’elle aime avec des traits différents, comme les estampes japonaises par exemple. Du coup, cette histoire de tatouage, c’est un truc récurrent et quasi irrésistible.

Actuellement, elle est complètement fascinée par le travail de l’autrice-illustratrice Diglee. À partir de la lecture du livre « Libres! – Manifeste pour s’affranchir des diktats sexuels » qu’elle a illustré et co-écrit avec Ovidie, elle la suit avec attention. Pour cet Inktober 2019, Diglee a par ailleurs illustré magnifiquement un poème de femme par jour.

“Ces sujets qui mêlent écriture, féminisme et illustrations sont une inspiration et une motivation folle pour mon travail”.

Admiratrice de longue date du peintre et poète autrichien Egon Schiele, Sarah nous avoue qu’elle pourrait rester toute sa vie devant l’une de ses œuvres. ” Oui, elles procurent toutes les émotions possibles”.

A part cela, l’envie la chatouille de commencer à écrire et illustrer une histoire, peut-être sous forme de roman graphique ou de bande-dessinée. Il faut dire que l’idée mijote en dedans depuis un petit moment.

N’empêche qu’on aimerait bien la voir commencer ce projet de livre, donc on incante un truc avec des espaces temps ouverts aux inspirations du quotidien et aux expérimentations créatives.

Souriez ou pas, vous serez peut-être un jour dessinés et réinventés par l’alchimie de Vulpo Vulpo, qui sait?

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