Ce jeune homme installé à Biarritz originaire de la Guadeloupe a du pas mal jouer dans la forêt lorsqu’il était enfant. On l’imaginerait les poches remplies de mousse, feuilles et pétales.

C’est dans le TGV Paris-Biarritz que Xavier Ride Aka Mister Ride prend le temps de nous parler un peu de son parcours, histoire oui, d’en prendre de la graine.

Il dirait quant à lui que c’est un concours de circonstances qui l’a mené au Land Art en milieu urbain: “étudiant aux Beaux-Arts, je découvre avec passion le Land Art et me met à en réaliser au plus près de chez moi, lieux abandonnés, voies ferrées, trottoirs, impasses, mur anti bruits, sorties d’autoroutes, ronds points ou encore parcs et jardins sont mes premiers supports.”

Il faut dire qu’il prépare ses peintures de manière biologique, avec de l’argile par exemple et du jus de feuilles ou autres mélanges naturels. Dans le domaine du Land Art, on a pu voir pas mal de troncs peints en bleu à ses débuts, déposés à des endroits qui font rêver et qui se trouvent pourtant peut-être juste à côté de chez toi.

C’est un peu comme ça qu’on devient artiste environnemental, grosso modo. En ouvrant une fenêtre sur ce qu’il se passe là dans ta rue, ta ville, pour y laisser grandir ce tissu naturel qui fait que l’on y respire.

Il y a aussi les pochoirs où les lichens, le gazon, évoluent jusqu’à faire vivre l’œuvre du début dans un mouvement continu et interactif. Une coccinelle en fera une piste d’atterrissage, un chat s’improvisera un amuse-gueule suivant la qualité de l’herbe, une limace développera une cicatrice. On pourra tailler la matière, l’arroser ou pas, cela interférera chez elle comme chez nous. That’s The Grass Art! La plante exprimera son indépendance et on y verra certainement notre interdépendance avec l’ensemble de ce qui nous entoure, pourquoi pas?

Xavier s’amuse et jongle avec les médiums en tant qu’artiste indépendant, il se définirait comme hybride d’ailleurs, ce qui ne nous étonne absolument pas. Serait il un croisement naturel entre une plante ou un arbre et l’humain? Enfin bon cela devait arriver un jour, on est quand même en plein dans le monde de demain. Celui où l’on pourra respirer autre chose que du goudron, manger du vrai plutôt que des OGM, s’imprégner d’un baume naturel en lieu et place d’une crème plastifiée-plastifiante et s’habiller de tissus d’origine végétale en oubliant les étoffes en pétrole.

Alors là oui carrément. On y est. Il a de quoi faire, cela englobe tellement de choses d’être créateur dans le domaine de l’environnement. Remettre à sa place la plante sauvage. Partout. Tout le temps. Juste parce que c’est le fil conducteur.

Son style est protéiforme, mais comme il dit: “ce n’est pas le style qui est intéressant, c’est le cheminement”.

La relecture de Walden, du philosophe, naturaliste et poète américain Henry David Thoreau pour sa prochaine exposition « Pourquoi j’ai creusé la Terre » en décembre à Bruxelles, l’a inspiré tout dernièrement dans sa vie quotidienne.

Comme on peut s’y attendre, des choses se passent tout le temps dans le travail de Xavier, et tout autour, au cœur des impressions des citadins, certains regards peuvent changer aussi:

“Il y a quelques années, pour le projet “Texte”, j’ai écris (à la peinture biodégradable) sur les trottoirs de Bayonne le texte Liberté du poète français Eugène Grindel, plus connus sous le nom de Paul Eluard. Un jeune d’une dizaine d’années m’a suivi tout au long du parcours cherchant à deviner, lire les mots avant qu’il ne soit terminé.

Après quelques heures, la grand mère du jeune garçon est venue me voir et m’a dit: “merci beaucoup, il ne lit jamais, déteste la lecture, et pour la première fois il est resté, de lui même à lire derrière vous, et à ne pas vouloir rentrer.”
C’était un très beau moment, cette performance a duré 5h30. En voici le lien !

Il nous confie aimer particulièrement  le travail de l’artiste allemande Cornelia Konrads, dont la spécialité serait de créer des installations insolites en Land Art dans des endroits publics à travers le monde. Elle aurait un petit penchant pour le jeu avec l’apesanteur.

On peut souhaiter une douce vie à Xavier, cela lui conviendrait vraiment pas mal. On aime ce lien qu’il réveille chez l’humain, ce jeu créatif interactif, ce qui nous laisse à penser qu’on arrive à faire des trucs hallucinants avec un brin d’herbe ou deux.

Au fait, on peut aller visiter son atelier qui se trouve sur les 2000 m2 des anciennes serres Gellos, à la Serre de la Milady sur Biarritz. On compte là une quinzaine de créateurs qui conjuguent cet espace à tous les temps.

Détails & Infos :

Mister Ride Official Website

Mister Ride Fan Page Official 

Mister Ride On Instagram

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail