Elle n’a pas froid aux yeux, c’est le cas de le dire.

Marie-Morgane Adatte, jeune graphiste illustratrice indépendante neuchâteloise (suisse), a su retenir l’attention de l’association MaréMotrice, qui propose juste à la fin de cet été 2018 une résidence d’artistes absolument rafraîchissante, à bord du voilier Knut, au coeur du Groënland.

Anne-Sophie Subilia, Rudy Decelière et Jean-Louis johannides, sont les trois autres créateurs qui partageront l’aventure avec elle, tous artisans du son, du théâtre et de l’écriture. Elle aura à coeur de réaliser sur place une bande dessinée qu’elle diffusera à son retour, avec 3 supports essentiels à la réalisation de son objectif: un journal de bord, un dessin par jour, une collection. Ces rituels lui permettront d’affiner sa synthèse visuelle et émotionnelle, ouvrant les possibles avec différents médias comme la photo, le son, la peinture, les textes, entre autres.

Il faut préciser que Marie-Morgane ne supporte tout simplement pas l’idée de ne rien faire, et elle serait ravie d’avoir des journées à rallonge de 10h tout au plus, pour mener à bien ses milliers de projets. Dans un “désordre organisé”, ça fourmille de vie au quotidien chez elle. On ne la trouvera jamais longtemps enfermée devant son ordinateur, elle en est allergique ou maudite, mais plutôt à partager ses expériences, ses idées, au gré des conversations de terrasse, au fil de balades en forêt.

On l’aura compris, les vacances farniente, très peu pour elle. Elle savoure les défis, les découvertes et sait la chance qu’elle a de partir pour cette expérience unique dans ces lieux inconnus avec des conditions toutes particulières. L’angoisse est mise de côté, elle se prépare à l’idée d’avoir bien froid aux mains, d’apprendre quelques prénoms d’icebergs et de recourir aux bananes séchées,au pire, en cas de mal de mer.

Elle aime infiniment les endroits où la civilisation n’a pas mis son empreinte, là où la nature domine, même si elle n’a rien d’une hermite, loin de là, le travail en collectif l’anime absolument de par ses échanges d’idées et confrontations d’opinions.

D’ailleurs, l’avantage de travailler comme indépendante, c’est de pouvoir s’entourer de personnes avec qui le courant passe bien tant jusqu’à se permettre de “craquer” délicieusement:

“Danser (très mal) sur « They don’t care about us » de Michael Jackson lors des craquages de groupe. Un chemin de fer d’un livre à plus de 300 pages étalé dans tout mon appartement à la «Stranger things». Une partie de badminton pour définir l’ordre d’un fanzine à l’Atelier A. Des nuits blanches de travail intensif où l’on a presque fini, du coup, on sabre du champagne très bon marché et on galère le lendemain pour vraiment terminer le projet à temps…”

Aux premières loges d’une nature forte et fragilisée par l’activité de l’humanité, la jeune femme, enfant de parents géologues et globe-trotteurs, a fait le choix de la réalisation d’une bande dessinée de manière à sensibiliser visuellement un plus large public sur cette aventure, ses craintes et ses ressentis au sujet de l’écologie.

Elle ne pense pas révolutionner l’esprit et la vie des gens,”c’est un peu comme quand on part en vacances, on coupe le wifi, on change son mode de vie, on est plein de bonnes résolutions.” On sait très bien que deux semaines plus tard après le retour, la routine trépidante nous invite à l’oubli. Ceci dit, il y a de chouettes projets parlant des changements climatiques, défendant des points de vue écologiques qu’elle partage.

 

Là, assise à son bureau, fenêtre du balcon grande ouverte sur le lac de Neuchâtel, elle déguste l’arrivée du printemps. Elle nous confie aimer tout spécialement l’affiche de l’édition 2017 du Montreux jazz Festival, réalisée par Malika Favre et la BD « Bangalore » de Simon Lamouret.

On lui souhaite une belle réussite de son projet “les mains glacées”, une singulière évolution artistique dans cet espace intemporel. On a hâte de voir ces instants figés, comme une empreinte, par ce bout de femme hautement dynamique.

En même temps, quant on s’appelle Marie-Morgane, des recherches poussées sur wikipédia nous permettent de dire qu’on est un peu mi-fée des eaux, mi-sirène à ce qu’on dit. Ceci explique peut-être une partie de cela.

Ou: ce n’est que la face visible d’un iceberg créatif.

Détails & Infos
Wemakeit Les Mains Glacées

 

 

 

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