Qui n’a pas un jour rêvé de s’envoler du quotidien, de tutoyer les nuages et déployer ses ailes ? Pour Loiseaucraie, il y a environ une année de cela, c’était devenu simple comme tout, les oiseaux à la craie blanche ont commencé de peupler naturellement des murs de Paris dans une célébration spontanée, une respiration, de manière complètement impulsive.

C’est par l’un de ces matins chafouins inédits, né de février 2017, que l’une de ses filles tapota à la vitre de son bureau pour aller dessiner à la craie dans un parc parisien. Elle lui demanda alors quelque chose d’apparemment anodin: “Papa, dessine-moi un oiseau”.

Illico, il se mit à l’oeuvre tant bien que mal, amusé et prêt à relever le défi lancé. D’un geste, celui qui allait devenir Loiseaucraie quelques murs plus tards lança son premier piaf, encore dans son oeuf. L’origine de tous les autres qui allaient suivre. Une seule ligne et un point. Mais la petite voulait qu’il ait des ailes, alors il en fit et refit jusqu’à y prendre un goût plus que certain. “La récraieation” était belle.

 

Le lendemain matin, en allant son chemin métro-boulot-dodo, il se rendit compte que la craie blanche du jour passé était restée dans sa poche.

C’est ainsi que 1, puis 2 , 3 oiseaux du parc de la veille jaillirent impétueusement de ses mouvements, à l’improviste, dans les rues, au fil des murs. Jusqu’à courir urgemment se ravitailler en craies au Monoprix du coin, histoire de voir.

Dès lors, les murs de Paris affichent des kilos d’oiseaux, “disons que c’est très vite fait, il suffit de compter 3 secondes et de glisser le trait à la craie”. De là à libérer jusqu’à environ 50 oiseaux par jour, messieurs-dames. La ville est alors devenue un immense terrain de jeu. Il assemble l’endroit, l’image, puis lâche le trait. S’amuse à la variation sur le même thème en laissant décoller aigrettes, kiwi, flamants roses, cigognes, hirondelles, paille en queue. Faut-il rappeler que le serial crayeur n’a absolument aucune connaissance en ornithologie? Juste comme une envie de se libérer, s’envoler, face à ces murs citadins qui commençaient étrangement à ressembler à des ardoises.

 

Jamais de la vie il n’aurait pensé que des gens allaient trouvé ça beau et d’ailleurs il n’avait nullement la prétention d’être un artiste. À la base, c’était pour son bien, une manière de s’exprimer d’une façon complètement éphémère.

Et puis il y a eu le retour de nombreuses personnes ici et là, qu’il rencontrait dans la rue ou via instagram, c’était juste touchant, on aimait ses oiseaux! On lui parle alors de morceaux de poésie urbaine, de lignes du coeur etc…

Les oiseaux l’ont ainsi vu renaitre: Il met des mots sur ses lignes, dessine ce qu’il ne sait pas dire. L’art devient thérapie.

Ce trait-là viendrait de l’enfance, comme un besoin de sortir d’un système où certes il avait trouvé sa place mais qui ressemblait insidieusement à une espèce de cage dorée, tellement il se sentait à l’étroit dans cet espace-là. Les barreaux de la cage sont largement pliés, voire même fondus, depuis le hasard tout innocent de cette craie de février.

Lui même, menant une vie ultra-nomade, se fait surprendre par d’anciens becs qu’il avait oublié avec le temps!

Il faut dire qu’il y en a partout, dans les avions, trains, encombrants, sur les affiches publicitaires qu’il se plait à détourner avec humour, là où la craie glisse d’un trait plus épais, là où le geste est hyperfluide.

D’autre part, nulle envie d’exposer et de parcourir les galeries pour y accrocher des toiles avec ses oiseaux, car selon lui, la rue est une formidable opportunité pour la création libre, le théâtre vivant de l’art pour tous, par tous, en chaque instant!

Les oeuvres de street artistes qu’ils rencontrent permettent des instants de partage des mondes pour en inventer d’autres. Pour lui, ce sera aussi l’occasion d’affirmer ses valeurs: il se vit anartiste. D’ailleurs, il aime à dire que nous sommes tous des anartistes en puissance.

Il pourrait t’arriver de le croiser au gré des rues, et si l’envie de créer te prend, une craie sera déposée dans ta main, comme un relais, pour te permettre d’oser à ton tour.

Donner envie, ouvrir le champ des possibles, sortir de sa cage, tel est le message que Loiseaucraie souhaiterait nous transmettre.

“Cet art est à l’image de la vie. Il n’a pas de prix, se donne et se partage. On n’achète pas Loiseaucraie, sauf dans le cadre d’évènements caritatifs. Ainsi, il peut continuer à vivre librement.

La craie s’efface, comme le bonheur. C’est à vous de le réinventer jour après nuit.”

En plein dans le moment présent, on vous dit!

Détails & Infos :

L’oiseauCraie On Instagram

 

 

 

 

 

 

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