Un coeur à prendre
Fév201806

Il est grand, il est séduisant, il a la classe, il est beau, beau comme un cœur, comme ses cœurs ! Oui bon d’accord il est parfait et dans parfait il y a RF. Nous pourrions donc considérer que HeartCraft, le street artiste parisien soit en passe de devenir pour un temps le Roger Federer des lanceurs d’alertes.

C’est lors des «primaires» précédant les élections présidentielles américaines et françaises que lui est venue l’idée des cœurs.

À force de voir que le débat public ne se cristallisait à l’époque qu’autour de la peur, l’intolérance et le rejet, il a lui aussi en tant que citoyen souhaité prendre la parole, une manière pour l’artiste qu’il est de porter a contrario un message d’ouverture, de tolérance et d’amour.

Il aime à dire qu’il appartient à tous de nous emparer du débat public, car il est aujourd’hui indispensable de faire entendre nos voix en tant que citoyens puisque la gestion des affaires de la cité ne peut être laissée aux seuls politiciens et lobbys industriels, agro-alimentaires et autres soucieux de leurs propres intérêts mais rarement du bien-être commun.

C’est pourquoi il était important pour l’artiste d’y apporter sa contribution quelle que soit la manière, (à l’image de «La part du colibri» de Pierre Rabhi) aux côtés d’autres citoyens, d’artistes, d’associations et collectifs qui œuvrent chaque jour formidablement pour défendre la conception d’une société plus juste et bienveillante et faire résonner et raisonner les belles valeurs de la République française si souvent bafouées à l’image du «délit de solidarité».

En semant ses cœurs dans l’espace public en toute illégalité certes (levez la tête les Genevois), le jeune homme nous rappelle qu’une autre vision de la société est désormais possible.

Conscient des risques auxquels il fait face, il nous répète néanmoins que ce qu’il fait n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan en comparaison du courage qu’ont de bien nombreuses personnes : particuliers, lanceurs d’alerte, associations, collectifs, ONG, journalistes, etc, qui se battent chaque jour pour défendre les valeurs de justice et d’équité dans tant de domaines différents, qui portent parfois des combats de toute une vie…au péril de la leur.

 

Son cerveau est toujours en alerte et travaille même lorsque celui-ci n’y pense pas consciemment, un peu à la manière d’un cœur qui bat et se débat entraînant le jeune homme dans un tourbillon d’émotions au centre duquel il s’abandonne parfois lorsque les gens lui témoignent son amour sur les réseaux sociaux en parlant de lui et de son travail comme étant un créateur de fenêtres tout en tendresse.

On lui dit souvent que ses cœurs «parlent» directement aux gens de par leur compréhension immédiate ne nécessitant aucune explication, aucune traduction. C’est pour le jeune homme la plus belle des récompensesAprès tout, l’être humain est un pétrissage d’émotions en mouvements, alors «en traversant quelquefois les barrières du langage, de la culture, de l’éducation, des traditions, les créations artistiques ont la possibilité de sensibiliser profondément les gens, ce qui offre un sentiment de communion extraordinaire».

D’après l’artiste, les murs nous souffleraient ces quelques mots si la parole leur était donnée :«Qu’il est doux de pouvoir porter sur soi des messages d’amour et de tolérance afin d’apaiser la peine de certains d’entre vous. Peut-être réchaufferons nous vos cœurs ou ferons naître chez vous un sourire que vous emporterez avec vous partout. Qu’il est doux d’être un mur qui ne sépare pas mais se parent de merveilleux messages, afin d’illuminer au mieux votre journée. L’amour est la chose la plus précieuse et la plus fragile en ce monde, sans amour, que deviendriez-vous qui passez parfois sans nous regarder!»

Dans sa bibliothèque, on trouve son dernier coup de coeur littéraire : « Au revoir là-haut » de Pierre Lemaître, sa vidéothèque vous dévoilerait le film ” 3 billboards outside Ebbing, Missouri de Martin McDonagh, à flâner comme ça le coeur ouvert il en écouterait “Les 4 saisons » de Vivaldi remixées par Max Richter, et si il avait une expo qui l’a fait vibrer ce serait « Azzedine Alaïa : Je suis couturier » rue de la Verrerie à Paris. La précision et la force du mot, de la note, du trait juste sans fioritures, comme il le dit, sont les dénominateurs communs de ces œuvres artistiques.

Souhaitons-nous donc à tous plus d’amour, de fraternité, de solidarité et d’empathie. Si c’est son vœu le plus cher pour 2018 et les années à venir c’est également le nôtre: #lamouraupouvoir

 

Détails & Infos :

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©Fabrice Huguelet & Aline Rose