Toutes les portes mènent à Rome
Jan201827

Des fois, elle confond. Elle se définit comme un petit personnage que l’on peut mettre dans sa poche, mais non, pardon, ça ce sont ses pâtes Fimo ! C’est avant tout la gardienne enthousiaste d’un monde parallèle.

La jeune Fairy StreetArtist, vandale en pâte Fimo, a créé sa toute première minuscule porte pour son papa. Elle ne l’a jamais collée dans la rue, elle est chez elle, histoire de le laisser traverser les mondes en mini fantôme quand il le souhaite.

C’est en montant sur Paris qu’elle réalise alors par la suite toute une série de portes, à la manière d’un Petit Poucet facétieux, qui ne cessera plus de coller ces passages surréalistes dans tous ses déplacements et voyages, comme un rituel indispensable et compulsif.

 

Pour tout dire elle ne calcule rien à l’avance, n’échafaude aucun plan, les choses sur commande n’étant définitivement pas son truc. Dans l’élan spontané de son quotidien, inéluctablement elle voit apparaître entre ses mains un petit quelque chose : portes de fées, figurines ou mini-toiles à l’acrylique, marqueurs intemporels d’un détail qui a mis des paillettes dans sa journée.

Ancrée artistiquement dans le lien, l’échange et la spontanéité créative, la jeune femme rebondit et joue de son don comme d’une réponse à ses partenaires, fantômes ou non. Bim, elle renvoit la balle, comme elle aime à le dire et non ce n’est pas un hasard si elle aime jouer au tennis.

 

 

Et puis, lorsque la jeune niçoise de 31 ans a des coups de cœur, elle polymérise de petites figurines. Au départ, elle en faisait pour son ami auteur-compositeur-interprète, Pascal Mono. Lors de la sortie du clip “Au bord de la Mer”, l’idée était d’en faire gagner aux fans de l’artiste. Elle a  grand plaisir à voir les élucubrations new-yorkaises de l’un de ses nouveaux personnages tout récemment conçu pour lui.

De même, l’artiste Paperface balade sa miniature dans les rues de Londres, en studio d’enregistrement et (scoop) très prochainement dans un vidéo clip.

Au palmarès de ses serial-love-polymérisations, on compte Amélie Nothomb avec qui elle correspond comme toute fidèle lectrice qu’elle est, l’imitateur Michaël Gregorio et ses musiciens, l’écrivain-réalisateur-leader du groupe Dionysos, Mathias Malzieu qui, à l’occasion d’une interview qu’elle lui faisait pour un magasine  de  rock, La Grosse Radio, l’a invitée à relever le défi de réaliser son logo “Eggman Records” en Fimo.

Trois ans plus tard, elle s’essaie à nouveau à l’exercice et voilà qu’elle se retrouve nez-à-nez avec ce petit personnage sculpté, tout en haut d’une rambarde d’un immeuble. Evidemment, les Fimo n’ont “presque” jamais le vertige, on tient à le souligner, pour les âmes sensibles. Consécration ultime de l’histoire: la sculpture se retrouve imprimée à l’intérieur de la couverture du dernier livre de Malzieu, « Journal d’un Vampire en Pyjama », format poche.

Lorsqu’elle rencontre l’espèce de monstre sacré que représente Emir Kusturica, elle lui brandit sa mini sculpture et balance dans un anglais pas trop confiant : « Gift ! For you ! ». Ce qu’elle aime chez lui, c’est l’élan festif qu’il communique quand il joue sur scène, la folle musique, les films, l’esprit ludique et à la fois tellement lucide sur une réalité parfois dure. Le bonhomme qu’elle admire donc à fond depuis que son monde est monde s’est transformé devant elle en gamin de 5 ans. « C’est comme si Dieu en personne se transformait en petit garçon. » Les yeux bien grands, il s’est reconnu en tout petit : « It’s me ! » et il a demandé, du haut de ses 5 ans fulgurants de l’instant, si il avait le droit de le garder. Grand moment d’émotion.

 

Actuellement, c’est Barcella qui tourne en boucle dans les écouteurs de Flora. Elle savoure ses textes poétiques, les mélodies s’impriment au cœur et en live, elle nous confie le trouver vif, avec beaucoup de répartie et d’humour dans ses transitions entre chaque chanson.

Au fait, les murs parlent, on ne vous l’aura jamais assez dit. La Fairy StreetArtist confirme, d’ailleurs, ils ont une bouche à présent, une porte, une bouche d’aération. Ils disent tellement de trucs, suffit de tendre le cœur. Etendre les sens. On peut aussi tourner sur soi-même ou se coller au mur, mais bon…

Flo, dit quant à elle que les portes mènent à Rome seulement si on envie d’y aller. « En vérité, elles t’emmènent exactement où tu le souhaites. ‘Suffit d’fermer les yeux, de monter sur un truc à roulettes et de foncer droit dedans. » Preuve en est (elle a testé) .

On lui souhaite des surprises, pleinement imprécises, comme elle aime.

Avec elle, on est irrésistiblement “Là où on doit être“, titre d’une petite Nouvelle qu’elle s’est amusée à écrire cette année.

On ne peut que vous inviter à y être, vous aussi.

 

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©Fabrice Huguelet & Aline Rose