Dites le lui avec des fleurs
Nov201720

Ses illustrations ont fait irruption dans notre quotidien au détour d’un de ces jours gris. Il y avait là sous les traits de la poésie épurée, de la délicatesse, une légèreté fine et intense. C’était l’évidence, nous avons eu envie de découvrir cette  amoureuse de la photographie, des images et du dessin.

Megane Chikhani a bien fait de s’être inscrite à l’école d’arts visuels de Lausanne, le Ceruleum, en 2012, pour la classe préparatoire. De créations en inspirations, l’étudiante obtiendra le Bachelor en juin 2016.

La jeune femme cherche l’inspiration lorsqu’elle promène son chien ou dans le train. Rien de très romantique, s’amuse t’elle, mais elle aime le côté pratique d’avoir une imagination portable: « Dès que j’ai une idée, hop, un petit bout de feuille et je peux prendre le temps de la finaliser plus tard » .

Si l’on veut la trouver, elle et ses dessins, quelque part dans son atelier-bureau,  on doit s’attendre à du papier, des stylos, un ordi, une bonne dose d’humour, des bonbons, des crayons, un chignon, des listes, plein de petits souvenirs, des boites, des cadres, des livres et des BD. « Bref, à un petit chaos qui m’inspire » , nous dit-elle.

 

D’aussi loin qu’elle dessine, la jeune graphiste-illustratrice a toujours affectionné les esquisses de femmes et de fleurs, mais séparément.

C’est en participant au challenge Inktober, défi lancé sur les réseaux sociaux dont le concept est de créer un dessin à l’encre chaque jour pendant tout le mois d’octobre, que l’idée de fondre les illustrations de femmes  avec l’univers végétal et floral lui est venue.

Elle nous confie son goût pour la création de personnages avec une recherche sur leur personnalité, que ce soit un trait de caractère ou une particularité physique.

« Par la suite, l’envie m’a pris de dessiner des bouquets remplis de fleurs, de feuilles et de végétaux, c’était l’hiver et j’étais en manque de verdure. C’est donc tout naturellement que j’ai fini par mélanger ces deux thèmes pour le challenge! »

On ne peut que suspendre le temps devant ces femmes en noir et blanc aux longs cheveux soyeux, avec des jardins sur le corps. Peu à peu, l’évolution des fleurs se réinventait au quotidien en l’associant au personnage et à une ambiance différente.

Elle nous glisse aimer tout particulièrement la perception nette du concept à réaliser au coeur de ces moments créateurs, suivie par une phase test peuplée par ” des milliers-ou presque!- de croquis différents”. Cette recherche de l’art et la manière de convertir la pensée initiale dans le papier la passionne complètement. « Parfois, la traduction vient toute seule et parfois…c’est très frustrant ».

Par ailleurs, il y a aussi ces instants de grâce festive où, à la fin d’une illustration, elle ajoute les dernières petites touches qui se révèlent juste être essentielles. « Une bonne musique dans les oreilles, et c’est le pied! ».

Quant à ses coups de coeur artistiques, le choix est quasi-impossible pour la jeune graphiste illustratrice, il y a trop d’artistes et de styles différents qu’elle affectionne. Vu que l’on insiste pas mal, elle se souvient avoir aimé l’ambiance et les couleurs des illustrations du nouveau jeu ” Monument Valley 2″, sorti cet été.

Elle ajoute là que les décors sont magnifiques et lui font penser aux peintures oniriques du surréalisme. D’ailleurs, cette grande admiratrice de René Magritte nous parle aussi de sa redécouverte continuelle de l’oeuvre de Franquin.

Après la  50ème relecture des “idées noires”, elle se rend compte qu’elle ne s’en lasse juste pas!

«Dans un tout autre registre, je suis devenue la fan number one du Bureau Rabensteiner, un studio de graphisme autrichien».

On lui souhaite de continuer à dessiner et à vivre de ses illustrations, avec encore des travaux personnels imposés comme ceux de l’envergure d’Inktober, car vraiment elle a adoré! La jeune femme étant en pleine réflexion, il s’agit de se tenir prêt, on vous aura prévenu.

Comme vous aimez tout comme nous soutenir l’artiste, bifurquez tout simplement par Vevey, rue du lac 9, et faites un tour chez Bravovotre oeil sera pleinement ravi aussi. Normal, on a ici affaire à une chouette petite poussière dans l’infini de l’univers. Pour info plus terrienne cette fois, l’exposition de ses Inktobers sera visible jusqu’à fin janvier 2018, on en a de la chance !

Tant qu’à faire, on peut se demander quelle plante vit dans son corps à elle, en observant ses illustrations d’octobre, ” à part la plante des pieds…ce serait peut-être bien un coquelicot”.

 

 

Détails & Infos :

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©Aline Rose