Jungle urbaine & Spécimens rares
Nov201706

Les Spectacles-Français de Bienne mettent beaucoup de coeur à l’ouvrage. En ce mois de Novembre 2017,  leur choix s’est porté sur le quartet mexicano-franco-americano-corso-greco-bruxellois « Sages comme des sauvages », composé de Ava Carrère et Ismaël Colombani, Émilie Alenda et Osvaldo Hernandez, qui aura l’immense plaisir de vous embarquer pour un voyage dans le grand moment présent, poétique et chahuteur.

Votre départ est annoncé dans la salle du Théâtre de Poche, ce sera un jeudi 9 à 20h00, ainsi qu’au Théâtre de L’Echandole à Yverdon-les-Bains un jour après, soit le 10 bien évidemment où une certaine Phanee de Pool sera de la première partie et présentera l’étendue de son oeuvre, de quoi réveiller les mots et les sons.

Il y fera bon comme tout, on y déposera les doudounes et on pourra enfin se promener l’esprit dans les sons tribaux de cavaquinho brésilien, bouzouki, défi (tambourin grec), guitare, violon, entre autres instruments exotiques. La jungle, simple directe et colorée, te placera dans le rythme. On y parlera les langues du monde, et on y jouera les mots.

Leur premier album « Largue la peau » est apparu sous le label A Brûle Pourpoint, ce 18 septembre dernier. Noël approche et oui décidément on a des idées lumineuses pour vous, voyez-vous donc.

L’ intention musicale des deux oiseaux rares se situerait dans le « Folk Bâtard » ou la « Chanson Tropicale Belge ».

Ils se sont rencontrés par leur voix, ils avaient chacun un solo, et le reste s’est emmêlé tout naturellement. Ils n’avaient jamais vu quelqu’un d’aussi bavard que lui et elle et à force de covoiturages intensifs entre Bruxelles et Paris, l’évidence du mélange de leur tour du  monde musical respectif s’est délicieusement imposé.

Il faut dire qu’au départ de cette aventure, il s’agissait de financer leurs vacances respectives. Il est à noter qu’on leur reconnaît l’invention du concept de vacailles = vacances/travail, selon Ava : « On chantait dans les appartements et on vivait du chapeau jusqu’à ce qu’il soit vide. Alors on rechantait. On ne pensait pas du tout former un groupe, comme on formait déjà un couple, on n’avait aucune envie de se transformer en grouple (oui, on affectionne les mots-valises), d’autant qu’on est deux chanteurs, donc deux gros caractères de cochon soutenus par des egos surdimensionnés. On chantait chacun nos chansons, mais d’une manière ou d’une autre, ça a débordé, on a déteint l’un sur l’autre, nos voix se sont mélangées et là il s’est passé un truc auquel on a dû se soumettre. »

Ismaël a voulu littéralement vivre l’expression « Sages comme des sauvages » inventée par Ava, qui est soit-dit-en-passant « obsédée par les jeux de mots ». Les gens autour d’eux  se seraient mis à leur demander de faire des concerts bien avant qu’ils n’aient un répertoire.

Comme ils le soulignent, « depuis, tout est comme ça, on court derrière le groupe qui avance à un rythme insolent  ». On ne peut que leur souhaiter du souffle donc, c’est irrésistible.

Si ils devaient se définir en 1 mot, ils en trouveraient un qui ne figure même pas dans les dictionnaires français, « Sérendipité ». Issu de serendipity, il signifierait d’après Ava, franco-américaine, « don de faire des trouvailles ». C’est comme cela qu’un jour de plus de covoiturage heureux la jeune femme au fameux don prit en otage Emilie Alenda, talentueuse musicienne de basson dans l’Orchestre de l’Armée de l’Air. Émilie est sergent. Carrément.

Dans une vie d’artiste, il y a pas mal de routes et d’étapes, des surprises et ces fameux moments où tu ne sais plus très bien si tu es juste en train de faire un rêve tout drôle ou si c’est effectivement ta vraie vie. Ava nous en confie un petit morceau:

« Une fois on a joué dans une toute petite chapelle dans un hameau des Pyrénées et c’était un Dimanche. Chaque habitant des alentours amenait de quoi manger et le chasseur du hameau offrait un sanglier à la communauté (c’était un chasseur à la retraite et c’était le seul animal qu’il tuait dans l’année). Après le concert on a tous fait la fête. C’était un jour d’élection et à 19h il a fallu dépouiller les scrutins dans la mairie du hameau. Le maire et ses potes nous ont demandé d’être les témoins du dépouillage. Maquillés et costumés, on a surveillé ça de près en tournant autour de la table. C’était surréaliste. »

Toute cette histoire nous emmène à ce qui inspire Ava et Ismaël dans leur vie quotidienne pour l’écriture des textes de leurs chansons: « Ce qu’on mange, ce que les voisins mangent, ce que les animaux mangent, ceux qui nous mangent. On est très portés sur le cannibalisme (d’ailleurs il faut voir le film Grave). »

C’est pas tout ça mais elle aimerait savoir quand est-ce qu’ils mangent justement. Il se fait tard et le crayon de couleur a tout dit.

 

« En tournée souvent je dors avec la tête sur les genoux d’Ismaël. Cette fois au lieu de dormir j’ai dessiné ses trous de nez et sa tête enrubannée dans son manteau. Ce dessin est une belle métaphore de l’inconfort de la tournée» .

Tout de même, ils nous glissent avoir eu un « terrible choc artistique » en écoutant Albert Marcoeur, qu’ils ont vu pour la première fois en concert la semaine dernière accompagné par le quatuor Bela.

A savoir quel est le plus sauvage et le plus sage d’entre eux, on le devine c’est inextricable, indissociable et « surtout, ils alternent ».

Ah, ces Jeunes des Villes!

 

 

Détails & Infos :

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©Aline Rose