So Freedom
Oct201706

On a entendu cette voix pour la première fois au coeur des rues pavées d’Auvernier, alors qu’elle chantait en acoustique dans le cadre de l’Auvernier Jazz Festival 2017.

La découverte de ses paroles aux accents soul et indie a été un révélateur hyperlumineux, un peu comme si en émergeant d’une grotte on se retrouvait propulsé sur une plage brésilienne. Imaginons un coucher de soleil.

Là, une jeune femme distillait un son dans lequel on aurait pu se baigner, et le temps s’est arrêté.

Quelques jours plus tard, elle a joué le jeu de l’interview et c’est peu dire si nous sommes carrément ravis.

Caroline est née et a grandi à Rio de Janeiro au Brésil jusqu’à ses 10 ans. Elle avait une excellente relation avec son oncle qui était musicien professionnel, autodidacte tout comme elle aujourd’hui.

« Il insistait beaucoup pour que j’apprenne à chanter et à jouer de la guitare mais je n’ai jamais voulu…je le fuyais à chaque fois qu’il me proposait de chanter ou jouer, je trouvais cela très ennuyant et j’étais très vite déconcentrée ».

Elle apprend que le jeune oncle est décédé juste 4 ans après l’arrivée de la jeune fille en Suisse. Deux mois plus tard après cette triste nouvelle, elle a pris cette guitare qu’elle avait chez elle, « s’est posée devant Youtube et a appris « Californication » des Red Hot Chili Peppers. » Les jours passaient et les heures à répéter les grands classiques de la guitare s’allongeaient.

« J’adorais cela de plus en plus. J’avais 14 ans. Pendant 2 ans j’apprenais seulement la guitare toute seule sur internet. Je pense que le décès de mon oncle a été mon déclic musical, et aussi un moyen de rester proche de lui ».

Lorsqu’on lui demande une définition de son style, elle dirait aujourd’hui qu’elle en est un mélange. Autour de ses 16 ans, elle écrivait ses textes et jouait très calmement et presque tristement selon elle, d’où son terme d’être à ce moment-là une « singer-songwriter ».

C’est à ses 19 ans que l’occasion de sortir de cette image de « singer-songwriter » se présente en la « magnifique rencontre de Jeremy Mage, musicien et producteur new-yorkais aujourd’hui installé à Bienne. « On a enregistré mon premier EP « Unbound » dans un style electro-indie, electro-soul. »

La jeune femme s’inspire de ses sentiments: « comme j’écris depuis mon adolescence, mes chansons étaient presque comme un journal intime avec des mélodies. Elles parlent donc de ce que je ressens. Même si c’est intimiste, tout le monde peut s’y retrouver. »

Les thèmes les plus fréquents sont la recherche de la paix intérieure, la paix de l’esprit, la lutte contre soi-même. « Je fais beaucoup de personnification dans mes textes: je donne des noms à mes sentiments, je leur parle comme si c’était des personnes comme vous et moi. Vous pouvez trouver un exemple sur mon EP avec la chanson « Annie ».

Là, elle nous propose d’enchaîner directement par l’écoute de « Freedom », autre chanson de l’EP.

C’est en chantant ce titre lors de son heureux passage à Festi’Neuch dans le cadre de Dimension Jeunes Talents que la jeune femme a été invité à partager la scène pour une version hip-hop inédite avec le jurassien Simon Seiler allias Sim’s, un talentueux artiste suisse reconnu. Depuis cette collaboration à Festi’Neuch’, Sim’s semble l’avoir pris sous son aile.

« Il m’a invité à jouer cette même chanson avec lui à Lucelle Sonore, ce qui m’a permis de rencontrer d’autres musiciens géniaux comme le neuchâtelois Junior Tshaka, ou le troubadour lausannois Dynamike, et par la suite, l’auteur, compositeur, interprète Mathieu Segur Aka Kala

Quant à son coup de coeur musical du moment, c’est Out My Mind, Just In Time d’Erikah Badu qui est juste un chef-d’oeuvre pour la jeune femme, et ce depuis quelques mois déjà. «Elle est une de mes plus grandes inspirations, avec Amy Winehouse et Massive Attack.»

A présent, on se déniche un EP de « unbound » pour écouter Caroline Alves, et on trouve un moyen d’aller assister à ses live riches en émotions.

On l’a eu tout frais cet EP et on est vraiment emballé, tandis qu’elle nous suggère, depuis son ordi posté sur son lit de ce dimanche après-midi, alors que son copain s’époumone sur FiFa 18, que l’on peut lui « souhaiter tout le bonheur du monde, que son chemin évite les bombes, comme le dirait une certaine chanson. »

L’artiste indie-soul chercheuse en paix intérieure semble être un remède tout indiqué pour dissoudre ou parler aux brumes et lumières de l’esprit.

 

Détails & Infos :

Caroline Alves Official Fan Page

Caroline Alves MX3

 

 

 

 

©Aline Rose & Fabrice Huguelet