Cross Road Blues
Sep201714

Crédit Photo ©Renata Brandao

 

Le son de l’harmonica t’emmène forcément sur le chemin de la liberté, et cela commence dès l’enfance. C’est même l’instrument de musique auquel on s’initie le plus tôt. Spontanément, comme un jeu. On n’a pas besoin d’un cours sophistiqué, il y a le souffle, le corps, et l’âme.

Ce piano de poche, sandwich en ferraille, ruine-babines, blues harp, biscuit en fer blanc est un véhicule alchimiste qui tomba un beau jour dans les mains d’un homme, pour quasiment finir par lui coller à la peau.

Su Pheaktra Bonnyface Chanmongkhon, aka Bonny B, est arrivé en suisse en 1979, dans le canton de Fribourg, après avoir fui le régime de Pol Pot.

C’est à la fin des années 80 que Bonny B rencontra le blues et son harmonica, trouvant « des énergies magiques dans chaque son ».

Il est évident que lorsque l’on écoute les morceaux de l’artiste, « ils ne seront jamais deux fois joués la même chose ».

Quelque chose d’intense se passe, car son blues est infiniment nuancé, il écoute l’énergie du moment et se laisse guider, nous dit-il. Son blues est très personnel, il le chante avec son coeur, ses tripes, « il pleure chaque note et les transforme en énergie positive ».

Il est complètement saisissant d’écouter les notes de blues de Bonny B, on nous raconte une histoire, on est littéralement pris par le métissage de souffrance et d’espérance qui se libère. C’est là que nous comprenons le lien, son harmonica comme un trait d’union à la musique. Pas étonnant qu’il dise qu’on joue comme on respire.

Si il avait une anecdote à partager avec nous, il reviendrait sur ce jour où, partant rejoindre ses paires à Chicago, arrivant tout juste de l’aéroport en sautant dans le premier taxi qui le conduirait au Buddy Guy’s Legends, il se retrouva devant le grand Buddy Guy himself.

Il était là, sur scène, devant lui. À un moment, l’harmoniciste qui l’accompagnait est allé se chercher une bière et laissa son micro au sol. Bonny B prit cet irrésistible micro et finit par jouer avec lui. Le géant du blues lui confia qu’il avait eu certes un sacré culot mais qu’il avait très bien fait!

Ce génial autodidacte ne se contente pas de diffuser la passion de son art, d’ouvrir une école de musique blues sur Fribourg, un magasin de musique spécialisé, d’être accessible sur les ondes radio, et de jouer dans son groupe “Bonny B and the Jukes” . En effet, à certaines heures, il abat des performances qui s’affichent dans les livres de records comme dérouler le plus long riff de l’histoire en harmonica, jouer plus de 24h non-stop, ou encore infuser le plus long morceau de blues.

 

Crédit Photo ©Renata Brandao

 

Si il avait une chanson à nous faire écouter, ce serait “blowin’ in the wind” de Bob Dylan.

“Une bonne route sans casser des pierres sur mon chemin, mais les contourner avec amour”, c’est tout ce que nous te souhaitons, cher Bonny B.

En cette saison de turbulences automnales, on ne peut que vous recommander du blues pour passer le cap.

 

Détails & Infos :

Bonny B Official Website

Bonny B Official Fan Page

Blues Club Fribourg Official Website

Harmonica Hohner Fribourg Official Fan Page

 

 

 

 

©Aline Rose & Fabrice Huguelet