L’avenir appartient à ceux qui se Lefto
Mai201724

Mélomane doté d’une âme pure, référence musicale depuis plus de 10 ans en Belgique ainsi que dans le reste du monde, LEFTO nous transporte dans son univers à travers une interview exclusive pour myurbanplanet.ch dans la mythique « Loud & Proud » salle de Fri-son à Fribourg, le samedi 6 mai dernier.

En fond de décor, des murs tapissés d’affiches retraçant l’histoire d’innombrables artistes de tout horizon ayant laissés une trace de leur passage dans cette salle légendaire.

Propulsé dans ses propres souvenirs, les yeux rivés sur ces murs transpirant de toutes notes, certains musiciens qu’il admire autant qu’il a pu en côtoyer, LEFTO nous accueille chaleureusement.

Ton nom d’artiste te vient de l’époque où tu graffais, pourquoi LEFTO ?

LEFTO : Mon nom vient effectivement de l’époque du Graffiti. Je faisais partie d’un crew qui s’appelait P50 pour « paquet de frites à 50 », on était un crew assez important de graffeurs à Bruxelles. Le nom LEFTO vient du fait que j’étais toujours le premier levé, et LEFTO est beaucoup plus simple à taguer que lève-tôt ;).

Nous avons pu lire que la première exposition/influence musicale que tu as pu avoir était à travers ton père qui écoutait presque chaque matin du jazz et particulièrement Stan Getz. Maintenant que tu as grandi, tu restes un grand fan de jazz, également de hip hop, que tu maries merveilleusement bien avec de l’électro. D’où vient ton inspiration ?

LEFTO : Je pense que l’inspiration vient de partout à la fois. Tout premièrement, effectivement via mon père et sa musique, on se réveillait en écoutant du jazz en général à la maison. J’ai pu découvrir le hip hop d’une manière ou d’une autre, via l’école, au travers d’amis qui étaient déjà dans le rap. Dans le hip hop, surtout 90’s on retrouvait beaucoup de sonorités qui venaient du jazz, de la soul, du reggae ou bien d’autres styles. En commençant soit même à faire des recherches dans tous les originaux qui ont été utilisés, dans les morceaux que tu aimes dans le rap, tu te retrouves à fouiner dans du jazz, de la soul, du funk, de la musique brésilienne, folk…etc. Tous mes producteurs préférés sont d’ailleurs des gens qui touchent à tout et donc au final tu te rends compte que le hip hop est vraiment un style de « batard ». Ce n’est pas un style original, c’est un genre qui s’approprie d’autres genres et qui en fait quelque chose. Un Melting-Pot de résonances. Pour moi, quelqu’un qui adore le rap ou aime aller plus loin dans ses recherches musicales, se retrouvera forcément dans une palette de couleurs et de sonorités différentes. Et c’est cela qui fait la beauté du rap et de la musique hip-hop, surtout si tu la vie en profondeur, tu découvres un langage musical très riche, qui te permets de vivre d’autres griffes musicales.

 

Dj, animateur radio, producteur, beat maker, programmateur, touche à tout. Tu as également une série LEFTO-in-Transit. Une série que l’on peut qualifier de documentaire musicale et artistique, dirigé par Kurt De Leijer. Peux-tu nous en dire plus ?

LEFTO : C’est une très belle série qui vient de se terminer à la télé, sur la télé nationale Belge. La série a été visionnée par beaucoup de monde, nous avons reçu énormément de soutiens et de personnes venant de tous les coins, de tous les horizons.

(On le coupe)…de tous les horizons… du businessman au hippie ?!

LEFTO : Exactement, aux politiciens également, beaucoup d’ailleurs. A la base, on est allé de ville en ville, et l’idée était d’en faire un documentaire. Connaissant certaines personnes à la télé, je leurs ai présenté le trailer que l’on avait préparé.

Ils ont adoré l’idée et ont directement sauté dessus. Ils se sont tout de suite investis et du coup on a un peu changé le concept. Au lieu d’en faire un documentaire, c’est devenu une série de 5, 6 villes différentes que je présente.

Je présente à travers des gens que je connais, mes amis. Ce sont des gens talentueux, alors je les dévoile simplement. Parmi ces gens, il y en a de très connus déjà, comme de moins connus. Pour moi ce n’était pas ça le plus important. J’avais envie de montrer que partout les gens travaillent dur pour arriver à quelque chose et d’essayer à vivre de leur art. Toutes ces séries-là sont à propos de gens qui sont très talentueux mais qui n’ont la plupart du temps par encore réussi à vivre de leur art. A Séoul, par exemple, j’ai présenté un peintre qui la nuit livre des pizzas et qui, après la diffusion de la série, a reçu plusieurs demandes pour ses peintures.

Cette série LEFTO-in-Transit vient du fait que je suis toujours en transit. Aujourd’hui je suis ici, demain je suis à la maison et après quelque part entre Chicago et Vancouver. C’est vraiment mon monde. Ça a touché pas mal de gens d’ailleurs car il y a des moments très personnels. Ils se rendent compte que le métier de DJ, c’est cool, c’est super, mais c’est un métier qui n’est pas évident.

 

Ton succès te vient-il également du fait que tu prêtes une attention particulière à l’énergie dégagée par la foule, et tu développes ainsi ton set en fonction de ton ressenti du moment ?

LEFTO : Je ne ressens que ça. Mes meilleures soirées seront toujours celles où les gens ont la meilleure vibe. Plus les gens vont danser et me donner de l’énergie, plus ils vont m’inspirer. Je suis beaucoup plus inspiré quand l’énergie vient vers moi.

Que fais-tu en dehors de la musique ainsi que tous ces projets, comme hobbies, qui contribuent on va dire à régénérer ta créativité ?

LEFTO : Je suis tellement dans la musique que je fais peu d’autres choses…à part du vélo, du basket, à part me ressourcer en fait. J’aime également faire un hammam, un sauna ou un bon massage, ce sont des choses qui me font du bien. Quand tu voyages beaucoup, ton dos est raide de toutes ces heures d’avions sans bouger, tu deviens hyper tendu et du coup ce sont des choses comme celles-ci qui me font du bien. Il ne me faut pas grand-chose pour me ressourcer, comme simplement me promener dans les bois. J’essaie aussi, quand je vais dans la nature, de ne pas prendre mon téléphone pour être vraiment déconnecté.

On imagine que tu dois avoir une collection de vinyles de malade. A combien d’exemplaires s’estime-t-elle ? Et si tu devais n’en choisir qu’un, lequel?  

LEFTO : Je pense que je dois en avoir entre 11 et 12 mille. Et hmmm…c’est très compliqué…mais je pense que j’essaierais de choisir un vinyle qui regroupe plusieurs styles musicaux en un. Pour qu’alors je puisse profiter autant du hip-hop que du Jazz. Oui, je pense que ce serait une compile avec des styles de musique distincts, une compile que j’ai, au hasard, qui regroupe plusieurs styles musicaux.

Te rends-tu compte de ton succès ?

LEFTO : Oui, je m’en rends compte lorsque des ambassadeurs viennent me saluer lors de soirées (rires).

Que pourrait-on te souhaiter pour la suite ? Liste non exhaustive…

LEFTO : La santé, tout simplement ;).

Ce fut un réel privilège de pouvoir échanger avec LEFTO dans l’intimité des loges de Fri-son.

Est venu le moment pour lui de se diriger sur scène.

Nous n’allions pas rater cela, nous le suivons côté salle.

Son set commence, au bout de quelques minutes le son s’arrête…puis il reprend et à nouveau un arrêt sur musique. Tu ne comprends pas, tu es intrigué, voire irrité d’être coupé dans ton élan dansant.

Le set reprend et là, BAM dans ta face. Oreille de génie qui manie l’art de saisir l’attention, c’est au fil du set que tu vis cette montée vers l’extase encore plus délectable par son art qui finit par nous captiver entièrement. DJ ayant une perception musicale qui se fait rare, mêlant un style éclectique de hip-hop, reggae, breaks, dubstep, UK bass, deep house. Un vrai kiff auditif !

Lefto se trouve actuellement en tournée à travers les Etats-Unis ainsi que le Canada, accompagnés des californiens Free The Robots et Teebs, avec qui il partage l’affiche de son Karavan North American Tour.

Un coup de cœur à ne pas rater s’il passe près de chez vous.

Chapeau LEFTO

©2012 Erin Feinblatt

 

 

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©Clivia Waldvogel