Show bouillant
Avr201715

Câlisse, nous avons eu le privilège d’avoir « Le No Show » à l’interview lors de leur passage aux Spectacles Français de Bienne le 31 mars dernier !

Le collectif québécois Nous sommes ici et le Théâtre DuBunker nous ont alors fait vivre un happening insolent sur 2h15, drôle et impétueux, dans un esprit vivement interactif. 

Il s’agira de l’expression vibrante de plusieurs comédiens sur l’amour de leur profession, leur quotidien d’artistes.

D’après la définition larousse, le terme  no-show signifie : »spectateur qui a réservé sa place et qui n’assiste pas au spectacle » ».

Du coup, l’événement plante son idée de questionnements avant même d’y être. Lorsque l’on cherche à en savoir plus, on nous explique qu’il est possible de venir avant l’heure, c’est sympa aussi.

Une fois sur place, des tarifs à choix vous seront proposés, et votre décision se fera dans le plus strict anonymat. Quelle importance accorderiez-vous à un spectacle de ce genre-là? Voici une liste pour se faire une idée de la chose:

tarifs à choix
0.– culte du dimanche
18.– place de cinéma
30.– match du FC Xamax
52.– soirée au Rock Oz’Arènes
80.– spectacle d’Anne Roumanoff
116.– La Vie Parisienne à l’Opéra de Lausanne

 

 

Nous avons profité de l’occasion pour prolonger l’expérience du NoShow en rencontrant Hubert Lemire, l’un des talentueux comédiens du collectif.

Dommage que nous ne puissions restituer l’accent canadien dans l’écriture, c’était pur bonheur auditif.

Hubert Lemire nous confie qu’il y a 7 ans, lors de leur fusion, chacune des compagnies avait connu le succès, la chance d’être subventionnés même en tant que très jeunes artistes. Ils s’étaient rendus compte que même avec de l’aide, les salaires étaient mineurs. Il n’était pas question de lâcher les petits boulots d’appoint, pour chacun des comédiens.

L’idée de base du NoShow est partie de là:  » Vous allez subir les coupures qu’on subit quand on produit. On souhaite que le spectateur devienne lui-même producteur et connaisse le drame du choix. »

La cantatrice ou le décor? Une affiche ou plus d’acteurs? Une costumière ou une machine à coudre bénévole?

Il y a 4 ans maintenant que l’aventure a commencé,  soit 20 jours dans l’année en moyenne. Entre temps, les acteurs reviennent à leurs petits jobs , la vie d’intermittence et son système D.

C’est le tiraillement constant lorsque l’on a trop peu d’argent, nous dit le comédien, le problème est que l’on y pense tout le temps.Vivre de sa vie d’artiste n’est pas simple.

On aimerait se mettre à l’écriture d’un texte mais on doit aussi pouvoir finir le mois de manière correcte. Il est dommage, d’après lui, d’avoir à se démener dans le contexte financier au détriment du temps du rêve, de la réflexion et de la création.

Descartes qui  était extrêmement  riche par exemple, a consacré sa vie « plein cash » à philosopher, car il en avait les moyens, donc tout le loisir aussi. Hubert ne dit pas qu’il faudrait ensevelir les artistes de théâtre sous l’argent pour faire les meilleurs spectacles mais qu’il y a un juste milieu.

Lorsque nous lui demandons si, selon lui, le théâtre est philanthropique, il nous en souligne l’évidence,  » des humains parlent à des humains, déjà c’est une forme d’enseignement. On espère que les gens se reconnaissent, on rit avec eux, on veut que les gens passent un bon moment, et se sentent libres. C’est comme un jeu que l’on partage avec nos idées qui véhiculent. Par ailleurs,  ce spectacle peut nous faire violence à nous les artistes : c’est un vote, une audition perpétuelle. Après, voilà, on passe par-dessus et cela devient vite un plaisir fou et complètement coloré ».

 

Nous vous invitons à embarquer  pour le NoShow, à vivre le délice de l’improvisation, vue de l’intérieur, vue de l’extérieur, à découvrir des personnes hautement sympathiques  et généreuses sur scène, authentiques et absolument passionnées par leur art, à se faire surprendre en toute bienveillance, car ils nous aiment vraiment bien.

On a eu l’impression que la salle de théâtre, et son environnement immédiat, étaientt bien souvent tout autant spectateurs que nous.

Le NoShow est un kaléidoscope artistique hyper frais à partager vivement et à vivre pleinement.

C’est complètement délinquant et agréable.

Le Noshow passera l’été 2017 au OFF du Festival d’Avignon et prévoit de repartir en tournée en 2018-19.

Détails & Infos :

Collectif nous sommes ici 

Théâtre DuBunker fan page official

 

 

©Aline Rose