Dans ton cul à 20h, ça te va ? Comment ça, dans mon cul à 20h ? Oui : Dan’ton-Ku à 20h… C’est par ces mots que Ben nous avait donné rendez-vous la veille.

Véritable institution dont la réputation n’est plus à faire, le Dan’Ton-Ku Tiki bar, rue du Canal 27 à Bienne, s’efforce à valoriser l’épanouissement de toutes personnes ne jurant que par le Rock’n’roll, la soul et autres perles des années 50’s aux 70′.

C’est donc dans un Tiki bar qui comme à son habitude était bien rempli que nous acceptions l’invitation de ce mystérieux jeune homme ô combien particulier.

Et oui, à force de régulièrement croiser sa moue, sans véritablement savoir si il serait bon de rester l’écouter ou de continuer sa course quotidienne, pour au final inlassablement revenir sur nos pas, il était nécessaire d’en savoir un peu plus…

Nous qui nous attendions à trouver quelqu’un d’hésitant, il n’en fût rien, au contraire : pas de round d’observation. Directement projetés dans l’univers qui est le sien, nous allions de découvertes en interrogations saupoudrées de légères absurdités sans jamais côtoyer la superficialité.

Ne vous êtes-vous jamais demandé à quoi il marchait, ou si il était fait de la même matière que son instrument avec lequel il nous envoûte?

Vous qui sans doute êtes déjà tombé sur lui, que ce soit à la gare, en ville ou au marché, vous n’êtes pas sans savoir que c’est dès son plus jeune âge que le petit Ben tomba dans la marmite musicale.

L’adolescence l’amena à déposer l’accordéon de son enfance pour aller à la découverte de la musique electro. Les sorties la nuit, les rythmes éclectiques, la recherche frénétique de toujours plus de sons l’entrainèrent à s’envoler pour une “petite” ville de 3,5 millions d’habitants complètement branchée et en mouvements: Berlin.

Là bas, il y restera en immersion electro pendant une année, jusqu’à glisser finalement dans la peinture et la découverte d’un instrument tellement complet musicalement et extrêmement harmonique : le Hang.

Lui seul sait allier la percussion et la mélodique. Il est tout à fait possible si l’envie nous en dit de moduler un son percu ” comme si l’on jouait sur une batterie” avec une belle intensité, comme il est tout aussi prêt à raconter une histoire avec des sons mélodiques.

Selon Ben, cet instrument intuitif ne demande pas de connaissances aigues en musique. Après avoir passé le cap de l’apprentissage, il s’agirait pour lui de se laisser guider par l’inspiration du moment tout en distillant des waves ou coordinations dans le rythme.

C’est une recherche introspective en fait: ” en même temps que tu joues tu voyages et en même temps que tu voyages tu joues”. C’est juste figé dans le temps et spontané, pour les auditeurs c’est peut être aussi souvent un moment méditatif.

Ce qui est clair et limpide, c’est le partage multidimensionnel qui se dégage.

Avec les gens-dans l’espace de la rue-dans le temps au quotidien.

Quand il joue, c’est comme entrer dans un cercle ascendant ultra-positif où il trouve un épanouissement sain et serein. Ainsi il avance, avec en prime ce contact unique aves les gens, ces échanges juste simples et vrais.

En parallèle, il passe du temps à peindre-on a vu là des merveilles, absolument- et explique ses passions par ces mots ” J’ai besoin d’un truc temporel et intemporel”.

Pour la petite histoire, le Hang est un instrument musical en forme de petite soucoupe volante, un peu aussi comme si on avait mis 2 woks l’un sur l’autre. C’est le fruit d’une trentaine d’années de recherche au delà des frontières menée par ses créateurs Sabina Schärer et Felix Rohner.

L’atelier suisse PANArt produisit des Hang jusqu’en 2001, et connut un succès incroyable. On raconte qu’il fallait écrire des lettres de motivation pour avoir la chance peut être de pouvoir se payer un Hang.

Les instruments auraient chacun des subtilités, on dépose les mains dessus et on apprend à les faire danser. Ainsi le Hang vient du dialecte bernois qui signifie “main”.

Ben aime sélectionner des endroits et des heures pour jouer, un peu comme des rendez vous. Il affectionne aussi les duos, notamment avec Mario, un bolivien qui joue de la harpe et Ismaël Saan , un grand percussionniste et musicien de rue qui nous emmène dans un voyage nouveau et expérimental le long de ses chants qui  donnent à penser que la musique a des vertus guérisseuses.

Nous n’avons pas de vidéos et ce n’est pas faute de s’être littéralement envolés à les entendre jouer, c’est juste qu’il faut être là pour de vrai afin de s’imprégner du son.

Votre présence est donc fortement recommandée à l’Atomic café le vendredi 2 décembre à partir de 21.00.

 

 

 

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