Une mélodie hautement sympathique nous interpelle et c’est avec une heureuse stupéfaction lorsque la voix délicieuse s’infitre dans des paroles drôlissimes et pinçantes à la fois.

On s’est donc assis et on a arrêté la course quotidienne.

A l’écoute c’était Phanee de Pool. Qui se présente ainsi: “Age variant de 15 à 99 ans, taille de l’imagination XXL, femme extravertie, hypersensible et ….caractérielle.”

Originaire de Bienne, la jeune femme de 27 ans “bien tapés” s’appelle dans la vie en vrai Fanny Diercksen “166cm, femme sensible, sociable et parfois un peu timide….spirituellement, j’ai la sagesse et la prudence d’une femme de 55 ans mais les idées et les rêves d’une fillette de 12 ans”

Nous la remercions d’avoir si gentiment répondu à  nos questions.

De la régalade….

Quelle est ton identité musicale?

Fanny: De base, je pense que la catégorie “chanson française” correspondrait assez bien à ce que je fais mais, à mes yeux, ce n’est pas exactement ça. Après y avoir réfléchi, je dirais que je fais du “slap”. C’est un mélange entre slam et rap, sur une instru plutôt pop-indie avec des influences électro. Do you know what I mean ?

Est-ce que tu pètes encore du papier bulle à longueur de journée?

Fanny : En rythme avec mes soupirs d’ennui et en duo avec Luis Mariano, oui ! Honnêtement, c’est un leurre. Je n’ai jamais compris comment on pouvait aimer faire ça. C’est d’un chiant. Et puis, je suis écolo. Le papier bulle, ça pollue.

Comment et ou peut-on te trouver sur la toile?

Fanny : Mon site est en période de développement intellectuel. Il faut dire que Phanee de Pool, c’est un projet tout frais qui a vu le jour le 11 septembre dernier à 13h50. Le soir à 20h30 je postais la chanson “Luis Mariano” sur mx3 après l’avoir composée et enregistrée en un après-midi, top chrono. Donc, pour l’heure, toute mon actualité se passe sur ma page mx3 et sur ma page Facebook . Mais vraiment, je t’assure, la suite arrive.

Tu fais quoi dans la vie? Depuis quand ça t’a pris?

Fanny : Dans la vie, je mets sur papier tout ce qui me passe par la tête. J’écris des articles factices qui ne sont jamais publiés pour des journaux qui n’existent pas. Et surtout, je compose et j’enregistre mes propres musiques dès que j’ai un moment de libre. En revanche, comme tout cela n’est pas franchement très rentable – on s’en serait doutés – à côté, je suis devenue policière. J’ai choisi ce métier parce que je ne voulais pas suivre la même voie que tout le monde et surtout, parce que je voulais me sentir utile d’une façon ou d’une autre. J’avais aussi envie de voir comment c’était de se retrouver projetée dans un milieu strict avec une hiérarchie omniprésente ne laissant aucune place à la fantaisie. Alors bilan, ce n’est pas toujours évident mais ça fait 5 ans que c’est mon quotidien et je m’y plaîs.

A quoi faut-il s’attendre en venant te trouver ?

Fanny : A tout sauf au cannibalisme – je suis végétarienne. Mais genre, si tu débarques chez moi un matin quand j’ai congé, tu m’entendras certainement taper la causette à Léon. Léon, c’est mon pachira (appelé aussi châtaignier de Guyane) que j’ai acheté 1.- chez Ikea il y a 6 ans. Il était sur le point de crever. Il lui restait une seule feuille jaunie sur un tronc minable de 15 centimètres. Je n’ai tellement pas compris pourquoi il était encore à vendre dans cet état que j’ai été obligée de l’acheter. Actuellement, il mesure 2m50 et il kiffe sa petite vie. On cohabite plutôt bien tous les deux. Bref, j’ai sauvé une plante.

Quels ont été les événements clés qui t’ont amenés à faire ce que tu fais aujourd’hui ?

Fanny : La chanteuse Camille m’a fait décliquer. Je devais avoir une quinzaine d’années quand j’ai entendu son album “le fil”. Sa voix et ses textes me transportaient et je m’amusais à chanter ses chansons, en cachette, avec ma guitare. Je rêvais d’avoir son talent et son imagination pour créer quelque chose d’aussi bien qu’elle. Un jour, j’ai fait la présentation d’un spectacle de Music-Hall avec mon père. Jean-Marc Richard était dans la salle. A la fin, il est venu nous saluer et nous avons commencé à parler musique. Je lui ai dit que je chantais “un peu”, de temps en temps, dans ma chambre. Du tac au tac, il m’a proposé de venir chanter “un peu” à la Radio Suisse Romande quelques jours plus tard dans l’une de ses émissions qu’il allait enregistrer au Royal à Tavannes dans le jura bernois. J’ai accepté sans réfléchir mais surtout, sans avoir la moindre idée de ce que j’allais bien pouvoir proposer aux auditeurs. Comme je ne voulais pas faire de reprise, j’ai écrit ma première chanson dans la plus grande précipitation. Ce n’était peut-être pas la meilleure, mais ce fut le début d’une nouvelle aventure.

Quelle musique t’as fait danser dernièrement ?

Fanny : J’ai parodié un déhanché vintage au beau milieu de ma cuisine sur “It’s Not Unusual” de Tom Jones qui passait à la radio ce matin-même. Et bon, puisque t’insistes, j’avoue avoir récemment mimé un solo de synthé sur du Metronomy (The Look) pleine d’entrain, dans les rayons d’un centre commercial, avec ma meilleure amie. … On m’a demandé d’ouvrir mon sac et de vider mes poches à la sortie. Coïncidence ?

Si tu pouvais nous sélectionner une image sur l’un de tes murs, ce serait laquelle ?

 

 

Quelles sont tes sources d’inspiration?

Fanny : Toi, nous, vous, eux. Souvent, c’est en écoutant des gens parler que me viennent les idées. Et parfois, quand l’humain me laisse de marbre, j’ouvre le dictionnaire à une page au hasard, je pose mon doigt sur un mot et tisse une dentelle de phrases tout autour. D’ailleurs, ma prochaine chanson qui sortira d’ici quelques jours a été créée de cette façon, avec le mot “urètre”. Oui, parce que bon, la règle du jeu, c’est d’assumer le choix de son doigt. T’oses pas changer de mot en cours de route, même s’il est bien pourrave. Pour l’instru, je commence par chercher les accords de base à la guitare. Après, tout se met en place comme une recette de gâteau au chocolat.

N.B.: Je suis très mauvaise pâtissière et je ne connais pas le nom des accords.

Quelle est ta méthode d’écriture? tête à l’envers? intuitive/spontanée? organisée? en scrutant le blanc du plafond? dans une baignoire?

Fanny : J’aimerais pouvoir te sortir un truc qui vend du rêve mais ça va pas être possible. Quand j’écris, je suis bêtement assise à une table dans ma cuisine en buvant du thé au thym avec une guitare entre les doigts. J’ai toujours trouvé hyper cool de voir les vrais artistes fumer des pétards et boire du vin rouge pour trouver l’inspiration. Moi, je suis asthmatique et l’alcool me fait pleurer à torrent. Je pars donc avec une longueur de retard et me noie dans la plus grande des banalités.

Ton livre de chevet, là maintenant c’est quoi?

Fanny : Mon livre de chevet ? “Avenue des mystères” de John Irving. Mon livre de canapé: “Chronique Japonaise” de Nicolas Bouvier. Je n’arrive pas à en lire qu’un à la fois.

Décris-nous l’intérieur de ton frigo de ce soir.

Fanny : Mmmh… (j’ouvre, la porte grince) À première vue, tu peux aisément venir souper à l’improviste.

  • 5 yogourts au soja (dont 2 qui ont très largement dépassé la date de péremption… ils doivent être devenus gazeux depuis le temps) du lait d’avoine.
  • 3 énormes courgettes du jardin extraordinaire de ma grand-mamy
  • Un fenouil bio, déposé dans un carton ET emballé dans un plastic (chère Coop: la planète te dit merci, tu es fantastique)
  • 4 bocaux de confiture (2x fraise (?!) – abricot – prune … j’ai un peu de mal à en terminer un avant d’en ouvrir un autre, c’est comme les livres)
  • Les restes de mon dîner d’avant avant-hier (fallafel, ratatouille, champignon de paris au persil… si je veux manquer le travail demain, là, je sais exactement comment m’y prendre)
  • Des piles AAA (parce qu’on m’a dit un jour qu’il fallait les conserver au frigo, sinon elles coulent, peuvent t’empoisonner et te filer des plaques de pustules purulentes sur tout le corps. NON-JE-NE-SUIS-PAS-NAÏVE)
  • Un substitut de fromage en tranche (vegan)
  • Un morceau de gruyère (pas vegan)
  • Un bout de gingembre (aussi tordu que mon esprit et aussi vieux que les yogourts au soja).
  • Une plaque de chocolat noir à l’orange (définitivement celui qui pourrait me faire crever d’une overdose!!)
  • ……Et forcément: Luis Mariano

Aurais-tu quelques thématiques dont tu voudrais nous faire part ? (actualité, politique, société)

Fanny : Le féminisme : parce qu’être une femme sans être féministe de nos jours, ça équivaut à être un lion sans crinière victime d’une extinction de voix.

Donald Trump : parce que sa couleur de peau ressemble étrangement à l’intérieur cuir de la Ford Scorpio que mon père roulait dans les années 90.

Xavier Dolan : parce que “juste la fin du monde” est le dernier film que je suis allée voir au ciné. A mon goût, c’est du 10 sur 10 qu’il nous a fait là.

Le Tampographe Sardon : Parce que c’est un mec qui crée des tampons complètement délires véhiculant des messages bourrés d’humour. Selon moi, c’est exactement ça qu’on devrait apprendre à faire à l’école obligatoire.

Y a-t-il dans tes activités des événements récurrents dont tu passerais bien ?

Fanny : Oui. Notamment l’ouverture des enveloppes qui détiennent les tranches d’impôts et le passage de l’heure d’été à l’heure d’hiver. Il n’y a rien de plus radical pour te plomber le moral.

Tes rêves à toi, c’est quoi ?

Fanny : Mon rêve d’enfant, c’est de courir à toute allure, d’écarter les bras et de décoller comme un avion. Mon rêve de toujours est d’avoir un immense loft aménagé dans une ancienne usine avec au sous-sol, une belle petite salle de concert. Mon rêve de femme est de pouvoir manger absolument tout ce que je veux dans des quantités astronomiques sans prendre un gramme, sans vomir d’une indigestion… et sans crever de diabète ou de cholestérol.

Où est-ce que la vie est vraie plus que partout ailleurs ?

Fanny : Dans chaque endroit où le fric n’est pas considéré comme étant la priorité number one.

Quel a été ton plus beau souvenir de ton actualité ?

Fanny : J’en ai une ribambelle mais, je dirais que le plus touchant est celui de la fois où j’ai interprété une de mes anciennes chansons (Tapis Rouge) en acoustique et que le public a chanté avec moi en connaissant toutes les paroles. J’ai été tellement surprise que j’ai cru que c’était une caméra cachée.

Si tu pouvais dire un truc à l’enfant que tu étais ?

Fanny : “Fanny, primo: arrête de croire absolument tout ce que te racontent les adultes. Deuzio: Tiens ton dos droit et tertio: Sors ce doigt de ton nez”

On te souhaite quoi, nous ?

Fanny : Vu l’heure qu’il est, une bonne nuit…?! Et pour le reste, on peut me souhaiter de croiser les bonnes personnes aux bons endroits pour construir la suite de ce nouveau projet musical. Ah, et d’être dispensée de grippe aussi, soyez cool, merci.

Au fait, où sommes-nous ?

Fanny : Là où la vie est plus vraie que partout ailleurs… dans mon frigo, voyons !

Détails & Infos :

Phanee de Pool officiel

Phanee de Pool Facebook officiel

 

 

 

 

 

 

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