C’est au Bad Bonn de Düdingen dans le canton de Fribourg que Daniel Fontana nous avait donné rendez-vous à la veille de la 25-ème édition du Bad Kilbi Festival. L’occasion pour ce passionné au grand cœur, doté d’une gentillesse et d’une sincérité sans faille, de revenir pour myurbanplanet.ch sur les épisodes qui ont marqué son festival.

Daniel, peux-tu dire quelques mots sur le Bad Bonn et le Kilbi ?

Je suis super heureux du travail accompli et de tous ces moments vécus tant au club qu’au festival. Pour que ça fonctionne ça a mis des années, pris beaucoup de temps. C’était une bonne décision de garder une même ligne et de ne pas vouloir faire comme tout le monde. Aujourd’hui, c’est la 25ème édition et je suis là depuis le début, c’est magique. J n’avais pas envie de commémorer un jubilaire, chaque année doit être une bonne cuvée, doit être fêtée. Je n’aime pas célébrer uniquement un événement mais que tous soient spéciaux et cela toute l’année. En plus dès que ça me concerne, j’aime encore moins.

Comment procèdes-tu pour établir ta programmation si reconnue par tous et riche ?

Le fait que je programme toute l’année le Bad Bonn aide pour le festival. C’est là qu’on fait des rencontres et qu’après un concert on boit un verre et on échange. La programmation se fait naturellement avec les tripes. J’aime créer un effet de surprise pour les oreilles et les yeux. Je prends des risques mais le résultat est normal. Si on programme ainsi, ce qui est bien, c’est que presque tous les artistes de l’année passée, par exemple, figurent dans « c’était mon meilleur concert ». Par exemple, programmer et finir une soirée avec un groupe de Black Metal plutôt que de l’électro comme ça se fait souvent dans d’autres festivals, ça a un côté provocateur et ça me plaît. J’aime provoquer et ne pas faire comme tout le monde, ne pas être sage, aller à l’extrême parfois.

Les personnalités dans la musique surtout dans les live sont importantes. Je n’aime pas trop répéter les mêmes artistes, il y a d’autres choses à découvrir, amener du neuf. Les bons musiciens à qui je fais confiance sont comme des agents pour moi, un bon réseau qui m’aide au fil des années. Les idées qui tombent devant un verre après un concert sont des moments importants et aussi pour faire des blagues (il rit).Les showcases sont bien pratiques pour les découvertes.

Pendant la période du Black Metal, on a mis le doigt sur nous en disant que c’était pas cool et maintenant les personnages des débuts jouent dans des galeries. Si tu ne penses pas qu’à l’argent, il y a du beau hasard.

Comment vois-tu la suite ?

Le festival fonctionne bien, mais les personnes ne savent pas qu’il y a une salle toute l’année, le Bad Bonn. Le festival ne serait pas ce qu’il est sans la salle, ce lieu est toute une identité, c’est le cœur, le moteur. La suite, c’est continuer de suivre notre ligne avec le cœur et le sourire ainsi que faire davantage connaître le club.

Ton coup de cœur avant le début des festivités de cette année ?

Mon plus grand coup de cœur c’est le public sans lui pas de Kilbi. Et ma programmation je la fais avec le cœur, donc difficile de donner un seul nom mais je pense que Circle la nouvelle mouture du Heavy Metal finlandais sera une bonne fin de soirée. Bo Ningen , Sleaford Mods seront je pense aussi des moments importants.

As-tu une anecdote particulière ?

C’était il y a 4-5 ans, le groupe Yes devait venir depuis Barcelone puis partir pour un autre concert en Belgique. Il n’y avait personne de libre pour ce trajet et j’ai pris une autre boîte qu’habituellement. Le chauffeur a embarqué avec sa famille, tel un séjour touristique. Il s’est arrêté à différents endroits pour pique-niquer et faire des petites visites. Il n’est pas venu directement. Le groupe est arrivé à la dernière minute pour le concert. Ensuite, selon mes connaissances le groupe a fait arrêter le chauffeur avant l’arrivée en Belgique et à continuer le chemin par ses propres moyens. Ce n’était plus possible. Expérience compliquée, le moment le plus difficile de mes 25 années de programmation mais maintenant il est plutôt à prendre à la rigolade. La leçon à retenir est qu’il faut contacter de vrais professionnels.

Un des moments heureux que tu souhaites-nous raconter ?

Je suis heureux tout le temps avec l’esprit du Bad Bonn Kilbi qui règne. Il n’y a jamais eu de tentions depuis le début. Une phrase que j’ai appréciée est celle-ci “Le Kilbi c’est un hippie festival qui n’a pas trop de moyens mais où les gens se sentent bien, sont heureux” a dit un jour Josh Homme du groupe Queens of the Stone Age.

Totalement d’accord !

MERCI Daniel et longue vie au Bad Bonn et au Kilbi.

 

Détails & Infos :

Bad Bonn Kilbi official website

Toi aussi tu étais au Bad Bonn Kilbi du 28 au 30 Mai 2015

 

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