Le jeune artiste neuchâtelois sera bientôt au Théâtre du Passage à Neuchâtel dans le spectacle “Le Moche”.

Depuis quelques années, nous suivons le parcours de Raphaël via les réseaux sociaux. Aujourd’hui, rencontre bien réelle avec ce jeune comédien neuchâtelois.

Rendez-vous est pris au Globe, à la gare de Neuchâtel, lieu chaleureux aux musicalités sympathiques des années sixties ou seventies, suivant l’humeur. Raphaël Olivier Tschudi est déjà là, assis tranquillement à une petite table.

A notre vue il se lève et se présente simplement tout sourire. Raphaël, né à Bâle, s’exprime parfaitement en français, allemand et suisse allemand. Et connaître ses langues-là en Suisse, c’est un vrai atout pour le jeune Helvète.

Surfer sur son site, nous en met plein la vue. A seulement 27 ans, il a déjà co-écrit et participé à la réalisation de dix courts-métrages, créé une boîte de production appelée “Tschudi Brothers production”, joué dans 2 films, cinq clips et plus d’une dizaine de pièces de théâtre, participé à quelques publicités dont la dernière pour MTV, sans oublier ses sept prix gagnés dont celui du “Junge Talente 2012” aux journées de Soleure (festival dédié au cinéma Suisse).

Raphaël : un ambitieux à la sensibilité singulière qui sait ce qu’il veut et où il veut aller  «Paraît-il que ça plait aux femmes» glisse-t-il, un brin narquois. S’il en est là, c’est avant tout grâce au soutien de sa famille, sa force : “On mentionne souvent mon papa car il est comédien lui aussi. Pourtant aujourd’hui je veux parler de ma maman et la remercier pour tout ce qu’elle fait” s’exclame-t-il.

En 2012, il décroche un bachelor en Théâtre à la Haute école de théâtre de Zürich : « la meilleure en Suisse » estime-t-il. La suite, ce sera un Master qu’il vient de réussir “C’est bien ma passion pour le théâtre et ma ténacité à travailler des heures qui m’ont amené où je suis et non la renommée de mon père” précise-t-il.

Et voilà que nous partons dans une discussion de plus de deux heures. Son enthousiasme et son amour du métier, de la vie… C’est simplement contagieux. Rien qu’à l’écouter, ça donne des étoiles dans les yeux et l’envie de concrétiser ses rêves.

Quel beau parcours Raphaël, pourriez-vous nous en dire quelques mots ? Dans ma jeunesse, j’ai imaginé devenir footballeur, dentiste, pêcheur, … bref j’ai pensé à beaucoup d’idées mais pas à être comédien comme mon papa. A 16 ans, le déclic ! Lors d’un cours d’expression corporelle au lycée Numa-Droz, je me suis découvert une passion. J’ai pris du plaisir, j’ai aimé jouer. Puis, mon papa a entendu parler de mes jeux de rôles par mes professeurs. Il lui ont dit qu’il y avait un potentiel. Mon père a décidé de m’organiser des castings. J’ai pu présenter mon talent. La formation de comédien n’est pas toujours évidente, le mélange théorie et plaisir du jeu complique nos intentions. Il faut apprendre à se faire confiance pour jouer plus librement. Comme le lever du soleil, je suis au début de ma carrière, beaucoup de moments m’attendent. Mon chemin est déjà parsemé de cadeaux comme par exemple le soutien de ma famille et de mes amis, mes formations une école de la vie où tu apprends beaucoup des autres,… J’ai besoin d’avoir plein de projets en tête pour avancer. Ca me parait important pour identifier les priorités et ainsi créer. Au début de ma carrière, j’ai eu constamment des dizaines de projets en tête. Aujourd’hui, j’arrive mieux à cibler et à me concentrer sur 3 ou 4 projets.

Pour évoluer dans ce milieu en Suisse, il faut de la patience et du travail, quels conseils pourriez-vous donner à nos lecteurs ? Chaque parcours est différent, ce qui est important s’est de se faire confiance. Grâce à la confiance en soi, en nos projets, tout est réalisable. Bien sentir ses tripes, et foncer. La difficulté en Suisse pour cette branche c’est le manque de visibilité nationale et de soutien politique. Un prix “mérite culturel” avec différents niveaux donnerait aux gagnants des moyens financiers pour évoluer dans le milieu.

Je vous invite à regarder un petit documentaire sur mon bilinguisme et mes choix de carrière.”

Une rencontre qui vous a plus particulièrement touché ? Chaque personne que je rencontre a une certaine importance. J’ai appris à ne jamais juger ou en tout cas le moins possible, je reste humain. Celle qui me vient à l’esprit est le réalisateur avec qui j’ai eu un bon feeling lors de mon dernier casting. Je ne peux pas divulguer son nom maintenant, la décision est en cours. Ce mec m’a complétement bluffé. Il a une telle sensibilité, un tel regard sur le métier. Il a réussi à comprendre rapidement tout ce que j’ai voulu exprimer dans mon jeu. J’espère pouvoir travailler avec lui maintenant ou plus tard.

Avoir une belle gueule dans ce métier aide non ? Comment vous sentez-vous par rapport à ce détail physique ? “On me l’a déjà dit” sourit-il gêné par cette question. Il est vrai que suivant le rôle ça peut aider ou au contraire vous contraigniez à rester dans une catégorie. Etre comédien n’est pas une question de forme mais d’aptitude à s’approprier un personnage, à le faire vivre. Sur scène si tu as peur d’être beau ou moche ce ne sera pas plaisant. Si tu te focalises sur ton physique que tu sois beau ou non tu deviens moche. Si tu t’assumes, que tu animes le personnage, tu deviens beau. J’ai une amie comédienne qui a des rondeurs. Elle les assume. Sa concentration et son énergie sont dans le jeu, elle en est encore plus belle. Des comédiens trop beaux, sans l’énergie, sont ennuyeux. Tout n’est pas qu’une question de physique.

Raphaël sur scène nous connaissons mais dans la vie qui êtes-vous, quels sont vos loisirs ? Etre avec ma famille dès que je le peux, reste ma priorité. Elle est mon ciment pour rester ancrer. Retourner auprès des miens me permet de sortir du théâtre, de vivre dans la société réelle et de l’analyser. Je ne suis pas fan des soirées mondaines et préfère boire une bière entouré de mes proches, de mes amis. En solitaire j’aime écrire, regarder des films, suivre des pièces, se sont mes loisirs. Je vis 24h/24h de mes passions, quelle chance !

Vous êtes également producteur, comment voyez-vous la suite dans ce domaine ? J’ai créé cette boîte de production afin de plus me montrer et de ne pas sortir de mon école seulement avec un papier à la main. Ça permet de présenter au plus de monde possible son travail, même si parfois ce n’est pas le top, on apprend vite de nos erreurs et on les assume. Par ce biais, j’ai l’envie de parler de mes questionnements sur la société. Je n’ai pas la prétention d’expliquer aux autres comment il faut faire simplement les pousser à réfléchir, de thématiser l’actualité. Fait intéressant, j’écris toujours en français.

Les médias parlent souvent de l’effet des réseaux sociaux sur la société actuelle, comment les utilisez-vous ? J’ai eu cette question aux journées de Soleure lors d’une discussion avec un distributeur. Je suis un être humain mais aussi un peu comme un steak à la Migros, toujours en vue , excusez-moi l’expression. Je m’explique. Dans ce métier il est impératif de se montrer pour faire avancer ses projets, sa carrière. Trouver un bon équilibre entre ce que tu souhaites communiquer ou non et comment, reste une réflexion constante. J’utilise régulièrement les réseaux sociaux pour communiquer et ils m’ont bien aidé par exemple pour obtenir des soutiens financiers. Toutefois, je préserve ma vie privée.

Un rêve particulier ? Fonder une famille malgré mon métier qui peut être contraignant pour une vie de famille. Celle-ci est mon équilibre. C’est bien de réussir professionnellement mais si tu n’as personne avec qui le partager c’est triste. Il y a un cliché qu’il est difficile de tenir le cap avec une famille dans ce métier… Je ne suis pas d’accord, je veux vivre de ma passion et la partager avec ma future famille.

Merci Raphaël, quelle belle rencontre, continue de vivre tes passions, tes rêves !

 

Détails&Infos:

Raphaël Olivier Tschudi official webiste

 

©Ang’L

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail