Mardi dernier, en exclusivité à Porrentruy, le rappeur Sim’s lançait son dernier clip vidéo «De l’ordre», issu de l’album “Il reste la chaleur”, réalisé par Alain Margot.

Ce morceau est l’un des plus sombres de l’album. Il traite du besoin de faire un nettoyage autour de soi pour repartir sur de meilleures bases. Illustré par deux histoires très différentes, celle d’une rupture amoureuse et d’une employée de bureau malmenée.

Depuis plus de dix ans, Simon Seiler allias Sim’s rappe. Il a commencé à jouer de la musique avec 7 potes d’enfance qui aujourd’hui le suivent encore en tournée. Comme il le dit “C’est magique, un vrai conte de fées, à l’image de la série TV des années 90 Hélène et les Garçons, nous avons été les mecs dans leur garage”.

Il collectionne les prix : Prix de la culture de la ville de Porrentruy en 2004, MC de l’année aux Romandie Hip-Hop Awards en 2008 et Texte de l’année deux an de suite aux Reprezent Awards avec “Qu’ils m’entendent” puis “30”.

Il y a 2 ans, Sim’s a franchi les frontières jurassiennes. Son disque “Dernière arme” a ouvert les portes des radios au musicien.

Accompagné par deux musiciens Jean-Yves Rouillon (guitare + voix) et Jimmy Zola (Guitare + machine + beatbox), Sim’s souhaite offrir au public un concert plus acoustique.

En décembre dernier, nous avons eu la chance de rencontrer Simon et ses compagnons de route en résidence au Studio 110 à Porrentruy où ils peaufinaient leur nouvelle formule en trio.

Et quel accueil ! Nous avons partagé un moment chaleureux mêlant musique, discussions, rires et à la mode jurassienne… à la clé un apérôôô (avec l’accent, bien entendu).

Nous sommes ensuite allés les écouter à Vevey au Bout du Monde, tant les textes, la musique et le jeu de scène nous ont convaincus sur la qualité musicale de ce dernier album et de cette formation en trio.

Interview de Simon Seiler le leader du groupe Sim’s.

Pourriez-vous nous raconter vos débuts ?

J’ai commencé comme un adolescent qui fait du rap avec d’autres copains. Le fait de venir d’un endroit rural nous a servis. Nous n’étions pas considérés comme les méchants rappeurs, il n’y avait pas de préjugé. Ceci a permis d’être invités à faire des concerts régulièrement, c’était “LE” groupe de rap dans le Jura. Ils ont eu confiance. Par la suite, j’ai fait des maquettes et j’ai été remarqué une fois par l’équipe de Stress. J’ai une forme de reconnaissance, ils m’ont tendu la main. Ainsi, j’ai confirmé ma confiance pour mes projets musicaux.

Avec la trentaine et mon expérience, j’ai fait mes preuves. J’y vais avec l’intuition, pas de formatage, je chante ce que je veux. Faire de la musique reste un de mes principaux objectifs. J’ai envie que les gens qui viennent écouter le concert sentent que le groupe transmet quelque chose. Que ces personnes repartent rechargés.

Vous avez commencé en rappeur, toutefois aujourd’hui votre style artistique ne s’arrête pas qu’au rap, qu’en est-il ?

Mon style est impossible à définir, il reste du rap, de la pop, du rock, de Pink Floyd à Bouba (si je peux me permettre cette comparaison). J’ai écouté plus de Gainsbourg que de Joe Dassin, les mots sont importants. J’aime être interpelé par un texte et par des artistes qui ont quelque chose à dire.

Simon Seiler écrit des textes pour le groupe Sim’s et aussi des pièces de théâtre, vous préparez ces projets de la même manière ?

Pour écrire de la musique je m’isole, pour le théâtre j’en ressens moins le besoin. Le dernier album, j’ai demandé à Jean-Yves de participer à l’écriture.

Vous êtes en résidence pour préparer une version acoustique de votre dernier album, est-ce différent ?

C’est un état d’esprit différent. Nous avons souvent joué en trio et adapté le répertoire à l’acoustique. C’est intéressant de changer la conception musicale suivant le genre de salle comme Studio 110 par exemple.

Vous avez profité de plusieurs collaborations, parlez-nous d’un souvenir qui a compté ?

Ma collaboration avec un trio de jazz en Belgique, nous avons beaucoup tourné en petite équipe. Cette expérience a été très formatrice. J’ai été considéré comme un chanteur de jazz (sourire). Ma première partie d’IAM ou la rencontre de Pete Doherty… des gens que j’adorent c’est le bonheur … Dans le monde des musiciens suisses actifs que je croise régulièrement, à chaque fois que du plaisir.

Vos textes sont une manière de parler de certains faits, quel est ou quels sont les messages principaux que vous souhaitez aborder avec vos mots et votre musique ?

A l’époque, mon écriture très frontale pouvait laisser paraître un engagement politique. Depuis quelques années, je rédige d’une autre manière pour m’indigner devant des événements. J’explique volontiers en interview le fond de mes chansons et profite du luxe de la scène pour en débattre mais je n’ai jamais été volontaire d’être un porte-parole. Dans mon dernier album la chanson “Barbelé” parle des manifestations contre la mariage gay qui se sont déroulée en France, pays qui entrave la liberté d’expressions et remet en questions des droits fondamentaux. Tous ces torrents de haine qu’il y avait dans les rues m’ont énervé, c’est crétin.

Avez-vous quelques mots à rajouter ?

Oui, je souhaite remercier Serge pour ce bel accueil , nous nous sommes sentis chez nous.

Merci à Sim’s pour sa gentillesse et son humilité ainsi qu’à sa fine équipe, tous des mecs au top et plein de talent. Nous continuerons à vous suivre et reviendrons vers vous, comptez là-dessus ! ☺

Jean-Yves Rouillon (à gauche), Simon Seiler (au milieu) et Jimmy Zola (à droite) en pleine répétition au Studio 110 de Porrentruy.

Détails&Infos :

Sims official website

 

@Ang’L

 

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